Libéralisation de la grande distribution : CHICHE !

oct 17th, 2007 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

A l’heure où la grande distribution jubile de voir aboutir des années de lobbying, traduites dans les propositions de la Commission Attali, au moment où l’on sait l’opinion publique sensible aux questions du pouvoir d’achat, les Créateurs d’emplois et de richesse de France, répondent « Chiche ! allons-y, libéralisons le commerce et la distribution. Dans l’intérêt du consommateur et non de quelques-uns. »

« Inssssenssssibles aux ondulations de Kaa et à sa douccce chansssson d’une promesssse de la baisssse des prix au profit du conssssommateur », les Créateurs d’emplois et de richesse de France en appellent au Gouvernement et au législateur pour enfin véritablement libéraliser le commerce.

Si l’état des lieux est quasiment partagé par tous, les propositions qui sont faites aujourd’hui n’apporteront pas les effets escomptés. Pour le consommateur, en tout cas… Les groupes de distribution en situation d’oligopole (91% du marché pour 5 centrales) ont développé des monopoles locaux, qui leur feront tirer profit d’une dérégulation qui ne permettra pas à la concurrence de s’exercer avant au mieux 5 ans, c’est-à-dire le temps pour de nouveaux entrants de s’implanter.

Offrir cette croissance artificielle à la grande distribution permettra « de jouer sur nos marges et faire baisser les prix » confirme Arnaud Mulliez. Ces quelques années seront fatidiques pour le commerce de proximité et conduira au renforcement des positions déjà acquises par la grande distribution. Le consommateur paiera la facture finale. Ne parlons pas de la croissance, ni de l’emploi…

Si l’intérêt du consommateur est bien l’enjeu de la réforme, il faut bien redéfinir celui-ci : la qualité de l’offre, sa diversité et le meilleur prix. Retirez un de ces paramètres, et le consommateur est lésé. Laissez jouer la concurrence sur ces 3 paramètres, pas un de moins, et le consommateur est gagnant.

C’est bien dans cet esprit que la Commission européenne a demandé à la France de justifier sa position actuelle, non de la réformer.

Mais à ceux qui prônent la libéralisation du marché, le Cerf répond qu’il n’y a qu’une façon de le faire et qu’il faut pour cela prendre l’exemple de ce qui s’est fait et a marché pour les secteurs de l’énergie et des télécommunications : il faut séparer la fonction d’achat en gros, de la fonction distribution, c’est-à-dire rompre le lien d’exclusivité qui lie les magasins aux centrales d’achats, pour ramener la concurrence à l’entrée des magasins et casser le goulot d’étranglement, qui empêche l’accès de nouveaux produits au marché national et permet les pratiques « commerciales » justement dénoncées. Ainsi, chaque magasin aura accès au produit le moins cher proposé par les différentes centrales d’achats. De son côté, le commerce de proximité aura accès, lui aussi, aux prix.

Cette mesure, évidente, trouvera, à n’en pas douter l’assentiment de tous ceux qui, aujourd’hui, nous font pleurer, tant ils ne peuvent pas faire bénéficier le consommateur du meilleur prix.

Quant à Kaa, c’est bientôt l’hiver, qu’il se prépare à hiberner.

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