Patronat, la réforme avortée ?

avr 15th, 2008 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

A l’heure de la réforme de la représentativité et de la « distribution » des nouveaux mandats, un patron vient d’être nommé à la tête de l’UNEDIC par les organisations dites « représentatives ». Peut-on se réjouir de ce qui, à première vue, ressemble à une avancée ?

L’arbre qui cache la forêt

La crainte demeure, en effet, que cette nomination permette d’enterrer la réforme d’une représentation patronale dont les patrons sont majoritairement absents !

Car l’esprit de réforme du « Mouvement des entreprises » semble anecdotique, quand l’institution, après avoir partiellement évincé l’UIMM, est passée sous l’influence du Groupement des Professions de Service (GPS) : avec la banque et l’assurance, principaux acteurs des marchés financiers, nous sommes en effet loin de l’économie réelle. Les dirigeants de ces groupes impersonnels et déshumanisés, de haut niveau, certes, mais dont le devenir est déconnecté de celui de l’outil créé par d’autres et mis entre leurs mains, qui jonglent avec les stock-options et les primes de départ qu’aucun vrai patron ne peut rêver se servir, peuvent-ils prétendre représenter les patrons ?

La CGPME, quant à elle, redevient le bras armé de l’UIMM (laquelle ne saurait accepter de lâcher son influence construite pendant plus d’un siècle et n’a jamais fait de place aux autres représentants du patronat réel). Quant à l’UPA, on se souviendra utilement qu’elle engageait la France dans la réforme des 35 heures en échange d’un intérêt catégoriel : la TVA à 5,5% dans le bâtiment…

C’est pourtant bien ceux-là qui seront autour de la table de toutes les négociations qui engageront la nation.

Les 92% de patrons qui ne se retrouvent pas dans tous ces « systèmes » qui les ignorent et les méprisent, resteront-ils une fois de plus exclus ? Ou bien les temps sont-ils enfin venus de garantir, selon des principes qui nous sont chers, de liberté, d’égalité et de fraternité, l’expression de toutes les composantes de la société, au lieu de les instrumentaliser ?
 
Le Cerf, comme la très grande majorité des patrons, demande une véritable réforme de la représentativité, incluant toutes les composantes de la représentation patronale, les vrais créateurs d’emplois et de richesse, afin que les questions essentielles soient enfin posées et débattues, au-delà des intérêts particuliers et corporatistes. Pour sortir, enfin, des systèmes aux financements et aux amitiés obscurs !

Pour, surtout, que les vraies réformes envisagées par le Président de la République, qui doivent être engagées au niveau de l’Etat, puissent enfin aboutir !

Représentativité ?

Lors des élections professionnelles de 2004 aux Chambres de Commerce et d’Industrie, de Paris, Versailles, Lille, Béthune, Lyon, Villefranche… les listes du Cerf ont rassemblé plus de voix, dans de nombreux collèges, que le Medef, la CGPME et leurs alliés pris individuellement.

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