Crise financière : éviter à tout prix un effet domino

oct 7th, 2008 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

L’économie française repose pour une part vitale sur les TPE (0 à 20 salariés) qui représentent 95% des entreprises et assurent les revenus de 20 millions de personnes. La croissance ne redémarrera donc pas sans des TPE qui consomment, investissement et recrutent en France : elles sont soit les fournisseurs, soit les clients des grandes entreprises…

Les TPE sont structurellement en manque de liquidités pour couvrir leurs besoins de trésorerie. En clair, les TPE sont les travailleurs pauvres de l’économie car elles ont le plus grand mal à finir le mois : payer le loyer, les fournisseurs, leurs obligations sociales et fiscales, les salaires… Résultat, la France est connue pour ses entreprises qui ne grandissent pas et enregistre un des taux de défaillances d’entreprise le plus élevé des pays industrialisés.

En cas de crise économique, cette faiblesse structurelle s’aggrave car les recettes baissent et donc les besoins de liquidités augmentent : il n’y a plus d’argent dans les caisses de plus en plus tôt dans le mois. Les chefs d’entreprise doivent alors faire des choix : première victime, le patron lui-même qui cesse de se payer pour limiter les besoins de trésorerie. Seconde victime : les fournisseurs. L’effet domino est en marche : les délais de paiement s’allongent, les fournisseurs qui ne sont pas payés, ne peuvent à leur tour plus payer leurs propres fournisseurs…

Dans cette crise, les banques accélèrent la paupérisation des TPE et jouent les marchands de sommeil : les TPE n’ont en effet pas d’autre choix que de s’adresser aux banques pour couvrir leurs besoins de liquidités. Lesquelles se retrouvent donc en position de force pour supprimer les autorisations de découvert et faire payer à ces travailleurs pauvres, les dépassements bien plus chers que le prix du marché comme le font les organismes de crédit à la consommation avec les smicards. Elles s’enrichissent ainsi largement… tant que l’entreprise n’est pas mise en redressement ou en liquidation judiciaire.

Le robinet à liquidités fermé, c’est bien sûr la mise en liquidation assurée, des licenciements économiques en hausse et une baisse des recettes sociales et fiscales à la clé. L’effet domino s’accélère : +15% de défaillances d’entreprise au premier semestre 2008, +42 000 chômeurs au mois d’août, -5 à 7 milliards de recettes fiscales en moins pour 2007, une croissance inférieure à 1% pour 2008 et une récession durable qui guette…

C’est pourtant cet effet domino sur l’économie réelle qui est en train de plonger la France dans la récession, qu’il faut à tout prix éviter. Le gouvernement ne doit pas laisser des banques qui sont responsables de la crise financière, profiter de leur pouvoir sur les TPE-PME pour pratiquer des tarifs abusifs et s’enrichir de façon cynique. Le Cerf propose qu’à l’image de la loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs votée il y a près d’un an, et étant donné le soutien financier apporté au secteur bancaire, le gouvernement impose par la loi de plafonner les frais bancaires en cas de découvert pour le ramener au coût du crédit et impose des tarifs administrés compte tenu de l’absence de concurrence réelle dans ce secteur.

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