Banques : la crise ? Quelle chance !!!

oct 27th, 2008 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Après avoir resserré le crédit puis carrément supprimé sans préavis les autorisations de découvert facturant des frais et commissions comme jamais, les banques se préparent à absorber pour leur propre compte une part importante des 17 milliards d’euros qu’elles ont pour mission d’injecter dans les TPE-PME en « proposant » leurs produits d’affacturage. Un marché rentable où les banques achètent les créances des entreprises moyennant une commission qui ne cesse de monter en ces temps de crise. Les banques oublient ainsi « leur obligation de solidarité » pour soutenir et financer l’économie réelle voulue par le président de la République et relayée par Christine Lagarde en contrepartie du plan de soutien de 360 milliards d’euros adopté pour pérenniser leur activité.
 
Baisser le prix du découvert (à 14%), vous n’y pensez pas ?! Quant à baisser les frais bancaires ou revenir sur les dates de valeur qui mettent les entreprises dans le rouge même quand elles ont des fonds, il ne faut pas rêver. La crise, supportée par l’économie réelle, ne justifie pas de tuer la poule aux œufs d’or, les TPE-PME. Surtout si c’est l’Etat qui garantit l’approvisionnement via les livrets d’épargne réglementés, autrement dit, les millions de Français détenteurs d’un Livret de développement durable ou d’un Livret d’épargne populaire. Ironie de l’histoire, les salariés qui voient leur argent mis à la disposition des banques, vont être les premières victimes des faillites en cascade d’entreprises causées par ces mêmes banques !
Surtout, cette « solution » de rachat de factures ne concernera pas l’hôtellerie-restauration et le commerce pour ne citer qu’eux, deux secteurs parmi les plus impactés par la crise où il n’y a pas de factures à mobiliser ! Vous avez dit « répondre aux besoins des entreprises » ? Moins de 100 000 PME sur 2,5 millions d’entreprises ont un profil correspondant au cœur de cible des sociétés d’affacturage.

Alors pourquoi les banques se sont-elles empressées de présenter l’affacturage comme la meilleure solution ? Début des années 90, l’affacturage est une solution peu utilisée et l’on ne compte que quelques acteurs, tous indépendants. Avec la crise qui survient alors, les banquiers découvrent un marché juteux et se lancent dans l’affacturage en créant leurs propres filiales. Jean-Baptiste Jacquin, journaliste à l’Expansion, décrit en 1995 un marché où « tous les moyens sont bons » face à la concurrence. En 2008, le numéro 1 du secteur n’est toujours pas une banque… lequel n’aura donc pas accès aux 17 milliards d’euros mis à disposition par les Français pour sauver leurs entreprises et leurs emplois. Les banques ont trouvé là le moyen de se faire subventionner la conquête d’un marché qu’elles convoitent depuis plus de dix ans. L’économie réelle et les milliers de défaillances dont elles sont responsables ? Rien à faire, seuls comptent leurs profits à court terme ! La solidarité ? Ce n’est pas le métier du banquier ! Et le soutien de l’Etat ? Le gouvernement n’avait pas le choix…

Après avoir dû avaler le tristement célèbre « Responsable, mais pas coupable », les banquiers vont servir aux Français et aux victimes (patrons et salariés), avec le ton rassurant et feutré qu’on leur connaît : « Responsable et profitable, vous comprenez ? ».

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