Elections prud’homales : les patrons, grands oubliés du scrutin

déc 4th, 2008 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Première leçon du scrutin : la baisse de 30% des inscrits dans le collège employeurs par rapport au précédent scrutin de 2002. Seulement 518 132 patrons sur plus de 2,6 millions avaient une carte d’électeur. Le Cerf déplore ce recul significatif qui fausse largement les résultats des élections Prud’homales et a notamment pu fait dire à quelques optimistes que la participation des employeurs avait augmenté alors que c’est en vérité le corps électoral qui a rétréci.

La faute de ce recul du nombre d’inscrits en incombe au précédent gouvernement qui avait décidé de modifier les modalités d’inscription sur les listes pour les employeurs, sans en assurer la promotion nécessaire auprès des patrons concernés. Beaucoup de patrons n’ont donc pu présenter leur candidature. S’agissant des patrons salariés, beaucoup d’entre eux ont découvert au moment de voter qu’ils étaient inscrits dans le collège salariés ! Dès lors, il était difficile pour eux de voter pour des syndicats de salariés qui déclarent, tous les matins, la guerre aux patrons.

Deuxième leçon du scrutin : la liste commune Union pour les droits des employeurs qui réunissait les syndicats dits « représentatifs » Medef, CGPME, UPA, UNAPL et FNSEA est en recul constant de 7 à 8 points depuis plusieurs scrutins. Si l’on ajoute que l’abstention atteint 70% des inscrits, alors il apparaît clairement que les patrons se reconnaissent de moins en moins dans ces syndicats : beaucoup ont regretté de ne pas toujours avoir la possibilité de voter pour des listes indépendantes plus en phase avec leurs préoccupations.

La crise économique et financière qui touche très durement les TPE-PME a creusé, ces derniers mois, le fossé qui sépare les patrons des petites entreprises de ces syndicats patronaux dits « représentatifs ». Alors que les difficultés des TPE-PME avec les banques se sont aggravées dès le début de l’année 2008, Medef, CGPME et UPA n’ont pas vu le resserrement du crédit et la suppression des autorisations de découvert arriver. Il a fallu attendre fin septembre, lorsqu’il était déjà trop tard beaucoup d’entreprises, pour que ces syndicats annoncent leur plan de soutien aux TPE-PME.

Le Cerf  espère que la réforme en cours des chambres de commerce et d’industrie sera l’occasion de la mise en oeuvre d’une réforme plus large de la représentativité patronale : le Cerf propose que cette représentativité soit transférée aux organisations consulaires, seules Assemblées professionnelles élues au suffrage universel. La nécessaire représentativité d’acteurs appelés à engager l’ensemble des patrons implique par ailleurs la mise en place d’un scrutin proportionnel.

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