Le PDG de Renault donne raison au Cerf : l’Etat doit prêter à la place des banques

déc 15th, 2008 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Cela fait maintenant des mois que le Cerf dénonce sans relâche l’attitude des banques, et demande que le financement des besoins de trésorerie des entreprises soit facturé au prix du crédit. Aujourd’hui, c’est le PDG de Renault, Carlos Ghosn lui-même qui s’en prend aux taux d’intérêts pratiqués : « C’est très bien de relancer le marché par une prime à la casse de 1 000 euros. Mais il faut aussi encourager les banques à prêter. On ne peut pas se financer à 3 mois à des taux de 10 %. Cette crise est avant tout financière ».

Voilà des semaines que le Cerf demande que l’Etat se substitue aux banques qui ne financent plus l’économie et en particulier les besoins en fonds de roulement. « Ce que nous demandons à l’État, c’est un financement raisonnable, sur 2 à 3 ans, avec des taux d’intérêt compris entre 4 et 5 % » a ajouté Carlos Ghosn.

Enfin, dès le début de l’année, le Cerf demandait que l’on prenne des mesures d’urgence pour alléger la trésorerie des entreprises sinon les défaillances allaient exploser et la croissance s’essouffler. « Il faut avoir un flux de trésorerie positif pour traverser la crise sans avoir à s’endetter. Cela passe par des baisses d’investissements, des réductions des stocks, une vigilance accrue vis-à-vis des créanciers et des cessions d’actifs » a expliqué Carlos Ghosn. Ainsi, la France va entrer en récession faute d’avoir agi sur le nerf de la guerre, la trésorerie des entreprises.

Bref, après la Banque de France, puis 47 dirigeants des plus grands groupes européens, c’est Carlos Ghosn qui reprend le diagnostic et les solutions préconisées par le Cerf depuis des mois : dommage qu’il ait fallu attendre que les grandes entreprises du CAC40 soient elles aussi touchées par la crise pour que les dirigeants de multinationales tirent la sonnette d’alarme (1). Le gouvernement sait ce qu’il faut faire, nous attendons maintenant des décisions rapides pour agir positivement sur la trésorerie des TPE-PME. Il semble malheureusement que la fenêtre de tir de la mi-décembre soit ratée : quelques milliers d’entreprises et d’emplois supplémentaires seront donc envoyés à la casse, en attendant qu’un conseiller éclairé passe enfin le message au Président, qui, lui, ne tardera certainement pas à prendre les mesures qui s’imposent devant l’évidence. Il y a urgence !

Rappel des propositions d’urgence du Cerf

- une baisse drastique du prix du découvert autorisé (au prix du crédit)
- un report et un échelonnement, au prix du crédit, de la TVA due à la mi-décembre.
- un report et un échelonnement, au prix du crédit, de la taxe professionnelle due à la mi-décembre
- un échelonnement, au prix du crédit, de la dette accordée par l’Unedic le 15 octobre dernier
- un report et un échelonnement des cotisations Urssaf et Unedic dues à la mi-janvier
- un échelonnement des indemnités de licenciement
- une réduction des délais de paiement de l’Etat aux entreprises.

Pour soutenir le secteur du bâtiment, le Cerf propose en outre, un report et un échelonnement des cotisations dues à la Caisse de congés payés du bâtiment qui réclame aujourd’hui le règlement plusieurs mois à l’avance, avant la mise en place d’une réforme.
De la même manière, le Cerf demande un report et un échelonnement du RSI (Régime social des indépendants) qui est aujourd’hui dû plusieurs mois à l’avance.

(1) Les dirigeants des grandes entreprises européennes donnent raison au Cerf
http://www.lescreateurs.org/081118-appel-des-dirigeants-pour-une-relance.pdf

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