Défaillances d’entreprises : des chiffres qui reflètent mal la réalité

jan 7th, 2009 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

55 000, 57 000 défaillances en 2008… mais les chiffres ne sont pas définitifs. Le nombre de faillites serait contenu à en croire Altares et Euler Hermes. En effet, le cabinet Altares rapporte que 55 000 jugements d’ouvertures de procédure de redressement ou de liquidation judiciaire ont été enregistrés en 2008, soit une hausse de 10,3 % par rapport à l’année précédente. De son côté, Euler Hermes fait état de près de 57 000 défaillances, soit une hausse de 14 % s’approchant de la hausse record de 1991. Sur le premier semestre 2008, l’assureur-crédit enregistrait pourtant une hausse de 15% avec 28 600 défaillances. La légère amélioration des chiffres dans la deuxième partie de l’année contraste donc avec la dégradation de l’activité à partir de la rentrée, une dégradation confirmée par les mauvais chiffres de la croissance. En réalité, l’impact du resserrement du crédit avec son lot de défaillances se mesurera en 2009 : les durées de procédure des tribunaux de commerce et de publication créent en effet un décalage de plusieurs mois. Les défaillances mesurées cette année, sont donc, pour une large part le résultat du choc de l’envolée des matières premières très durement ressenti depuis le second semestre 2007. D’ailleurs, Euler Hermes prévoit déjà 63 000 défaillances en 2009.

Le Cerf considère qu’au moins un tiers de ces défaillances d’entreprises pourraient être évitées si le gouvernement mettait en place des mesures d’urgence adaptées aux TPE-PME qui sont les plus touchées par la récession. Ces mesures comme le report et l’échelonnement de la TVA, des cotisations Urssaf et Assedic visent toutes à laisser les liquidités dans l’entreprise afin de leur permettre de continuer leur activité et maintenir l’emploi (1). Le Cerf constate en effet que beaucoup d’entreprises qui ont des clients et un carnet de commandes plein, se retrouvent dans l’impossibilité de répondre à une demande déjà enregistrée, faute de couvrir leurs besoins de trésorerie. A l’attitude inadaptée des banques, en particulier le maintien de dates de valeur injustifiées, viennent s’ajouter des fournisseurs conseillés par des assureurs crédit qui exigent désormais un règlement comptant. Or depuis longtemps, les entreprises se sont substituées aux banques à travers le crédit interentreprises. Enfin, l’entrée en vigueur de la loi LME le 1er janvier dernier, entraîne une réduction des délais de paiement : chance pour les uns, catastrophe pour les plus nombreux. Beaucoup de TPE redoutent en effet de devoir régler plus rapidement leurs fournisseurs quand leurs clients allongeront pour leur part, les délais de paiement, crise oblige.

Le Cerf demande donc au Premier ministre de recevoir au plus vite une délégation de patrons de TPE afin que 95% des entreprises françaises ne soient pas les grandes oubliées du plan de relance qui est actuellement discuté à l’Assemblée nationale.

(1) Plan de relance de l’économie : rien n’est fait pour les TPE-PME qui sont en train de s’asphyxier
http://www.lescreateurs.org/081204-reaction-plan-de-relance-sarkozy.pdf

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