La CGPME, un affichage trompeur

jan 19th, 2009 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Toutes les fenêtres médiatiques seraient bonnes pour faire parler de la CGPME. Quant à défendre les entreprises et avoir une cohérence dans son action, c’est une autre question que certains souhaiteraient ne pas voir débattue. Comme celle de son indépendance.

Ainsi en est-il des déclarations et actions contradictoires de son président ces derniers mois : après avoir fait croire qu’il pourrait s’opposer à la signature de la nouvelle convention sur l’assurance-chômage, il annonce aujourd’hui qu’il va finalement la signer. La CGPME tente de revêtir les habits du syndicat champion de la lutte contre l’augmentation des charges pour plaire aux patrons de TPE-PME exsangues  alors qu’en 2006, cette même CGPME dirigée par le même Jean-François Roubaud signait sans conditions une augmentation des cotisations Unedic contre l’avis des entreprises et des autres organisations patronales (à l’exception de l’UIMM) ! Position alors fustigée par le Cerf qui dénonçait le coup de poignard dans le dos des entreprises et l’absence de conditionnalité de cette augmentation. Position reprise aujourd’hui.

Attitude également observée à l’occasion de la discussion par les partenaires sociaux de la réforme sur les heures supplémentaires, une proposition du Cerf jamais soutenue par la CGPME avant les élections. Personne en effet n’a entendu son Président Jean-François Roubaud se battre pour faire appliquer la promesse présidentielle de baisser le coût des heures supplémentaires et donc du travail, encore moins de « retirer sa signature » sur un texte pourtant vital pour les très petites entreprises qui paient aujourd’hui lourdement cette absence de vision.

Même gesticulation avec l’accès au crédit bancaire : la CGPME a découvert longtemps après les faits, et même après le Medef, la réalité du problème, expliquant le manque de pertinence de ses propositions et les propos contradictoires de son président qui affirme un jour que les choses se passent bien avec les banques ; le lendemain que la situation s’améliore et quelques jours plus tard qu’il est anormal que les patrons « aient encore des difficultés à trouver des financements » (vœux de la CGPME). La nouvelle posture de la CGPME ne trompera personne. Et dans cette histoire, c’est une nouvelle fois les patrons et leurs salariés qui seront victimes d’une représentativité défaillante : on attend en effet une explosion des défaillances au premier trimestre, avec son lot de destruction d’emplois que seul le Cerf avait annoncée depuis avril 2008 !

Quant à une soi-disant indépendance, même le journaliste Guillaume Delacroix, nouvellement parachuté « spécialiste » du syndicalisme patronal, émet les plus grands doutes dans l’édition du 15 janvier des Echos !

A l’occasion de ses vœux, Jean-François Roubaud posait justement la question « qui pourra défendre les TPE ? » Certainement pas les girouettes !

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