Prêt direct de l’Etat aux constructeurs automobiles : une solution vitale et immédiate pour 2,3 millions de TPE !

fév 9th, 2009 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Nicolas Sarkozy a décidé d’accorder aux deux constructeurs automobiles français, un prêt sur cinq ans de 6 milliards d’euros. Le président de la République reprend la proposition du Cerf qui demande depuis des mois que l’Etat prête directement aux entreprises pour pallier les défaillances des banques. Selon le journal Le Figaro du 9 février, « les taux proposés seront d’environ 6% à 7%, au lieu des niveaux compris entre 11% et 12% consentis actuellement par les banques ». Ce prêt direct à Renault et PSA vise notamment à répondre aux difficultés de trésorerie des deux entreprises : Crédit Suisse estime qu’au second semestre, Renault aurait ainsi brûlé plus de 1,5 milliard d’euros et PSA, 2,6 milliards. Ce prêt est assorti de plusieurs contreparties dont un soutien aux sous-traitants.

Le Cerf se félicite que le président de la République ait décidé un plan de soutien à la filière automobile qui emploie 10% de la population active du secteur marchand. Mais il existe une autre « filière », celle des TPE qui fait travailler près de 40% des actifs du privé, représente à elle seule plusieurs Renault et PSA, dont elle est cliente, et qui connaît aujourd’hui les pires difficultés de trésorerie : plus de 90% des entreprises en difficulté sont des TPE. Le Cerf demande une nouvelle fois au président de la République d’alimenter les TPE en liquidités en leur prêtant directement puisque les banques ne prêtent toujours pas. Concrètement, le Cerf demande depuis des mois que les organismes sociaux et fiscaux permettent un report et un échelonnement au prix du crédit des cotisations Urssaf, Unedic et de la TVA afin de couvrir les besoins de trésorerie des TPE.

Le président de la République commettrait une grave erreur politique, économique et sociale en ignorant la première entreprise de France, les TPE. Une erreur politique car il ne serait pas acceptable pour les patrons de TPE et leurs salariés qu’ils n’aient pas droit eux-aussi à un prêt bonifié de l’Etat. Une erreur économique car pendant que le chef de l’Etat sauve la filière automobile, ce sont des dizaines de milliers de TPE viables qui disparaissent faute de trésorerie suffisante. Une erreur sociale enfin car à chaque fois qu’une très petite entreprise disparaît, ce sont en moyenne quatre emplois qui sont détruits. Sans compter que les revenus de plus de 20 millions de citoyens, dépendent des TPE. Quand l’exécutif fera le bilan économique et social de ces TPE qu’il n’aura pas aidées, il s’apercevra un peu tard qu’il a laissé tomber l’essentiel du tissu économique de la France et contribué au plus grand plan social de notre Histoire.
* Hervé Lambel commentera l’actualité économique vendredi 13 février à 8h00 sur la radio www.kernews.com (ou 91,5FM à Saint Nazaire).

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