Prolongement du tramway T3 : du plomb dans l’aile

fév 11th, 2009 | By CERF National | Category: 01 - CERF IDF, 75 Paris, Communiqués

A l’heure où le STIF délibère sur la déclaration de projet d’extension du tramway T3 et les conventions de financement, un recours gracieux est déposé contre la délibération du Conseil de Paris déclarant d’intérêt général les travaux relatifs à l’extension de la ligne de tramway T3 de la porte d’Ivry à celle de la Chapelle. Outre le Cerf, les autres requérants sont Serge Federbusch, conseiller d’arrondissement et Jacques Gauthier de l’Association Petite-Ceinture-Grand Paris. Par ce recours gracieux, il est demandé au Maire de Paris de saisir à nouveau le Conseil de Paris pour revenir sur la délibération déclarant ces travaux d’intérêt général. Outre le coût non maîtrisé et exorbitant du prolongement du tramway, les requérants soulignent l’interférence fâcheuse avec le projet de liaison rapide Charles de Gaulle express, la croissance de la pollution due au report de circulation et aux encombrements sur le boulevard périphérique.

Les trois requérants constatent des vices de forme privant ainsi les riverains et l’ensemble des Parisiens, des garanties et des moyens d’expression qu’accorde la procédure d’enquête publique.
Sur le fond du dossier, ils considèrent que « des carences et insincérités ont caractérisé toutes les étapes de cette enquête » alors que « le principe est que le dossier d’enquête publique doit être exhaustif dans son contenu et sincère dans ses analyses de telle façon que ni les membres de la commission ni la population ne soient induits en erreur ». Or les demandeurs soulignent notamment une sous-estimation manifeste du coût du projet qui a déjà augmenté de 820 millions d’euros initialement à 931 dans le dossier d’étude préalable, en réalité, un doublement si l’on tient compte des observations de la commission d’enquête publique ; une absence de bilan d’exploitation des lignes de bus actuelles PC2 et PC3 ; des chiffres contestables sur la fréquentation de la ligne.
Enfin, sur le fond, les requérants soulignent qu’il « est exigé que la ville réponde de manière motivée aux réserves et recommandations formulées par la commission d’enquête », or ils constatent que la ville de Paris a produit des réponses évasives ou a carrément ignoré les réserves formulées.

L’objectif de la procédure est d’obtenir une remise en cause du tracé du tramway retenu par le maire de Paris. Le président du Cerf Paris Ile-de-France, Hervé Lambel, s’appuie notamment sur l’étude sur le prolongement du T3 commandée à l’association Paris Banlieue Environnement qui montre qu’il existe des solutions alternatives sur le tracé et les aménagements à prévoir, moins coûteuses et plus respectueuses de l’environnement et qui répondraient davantage aux besoins des parisiens et du commerce de proximité. Cette étude démontre en particulier que la seule modification du tracé sur le secteur Mac Donald-Eole permettrait une économie de l’ordre de 370 millions d’euros. Un gaspillage parmi d’autres dans ce dossier qui ne manquera pas de se traduire sur la feuille d’impôt des parisiens et des entreprises.

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