Besoins de trésorerie : le Médiateur du crédit donne raison au Cerf

mar 13th, 2009 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

« Les difficultés de financement touchant principalement les lignes de découvert et les besoins de crédit court terme restent la principale cause de saisine du médiateur » indiquent les derniers rapports d’activité de la Médiation du crédit (1). Mois après mois, les équipes de René Ricol confirment ce que le Cerf mettait en évidence depuis le début de la crise financière il y a près d’un an : les difficultés rencontrées par les TPE-PME trouvent leur origine dans des besoins de trésorerie non couverts c’est-à-dire le financement de l’activité au quotidien. Le Cerf publiait alors une première série de propositions (2).

Dès le mois d’avril dernier, le Cerf expliquait à l’exécutif que les banques avaient resserré le crédit (3). Depuis, les Créateurs n’ont cessé de répéter que les établissements bancaires sont en train d’asphyxier l’économie. En à peine quatre mois d’activité, la Médiation du crédit revendique ainsi d’avoir sauvé 2400 entreprises et près de 60 000 emplois. Mais combien de patrons n’ont pas fait appel aux services du Médiateur parce qu’il était déjà trop tard ou parce que leurs banques se sont bien gardées de les informer de ce recours malgré leurs promesses le 12 novembre dernier devant le Médiateur ?

Les résultats positifs obtenus par le Médiateur mettent en évidence le déséquilibre qui existe dans les relations entre les banques et les TPE : que le président de la République soit contraint de nommer un tiers pour s’assurer que les banques fassent leur métier, prouve que les pratiques de ces « professionnels » dépassent le cadre normal de la relation commerciale entre un client et son banquier. De même, le report de charges accordé par les organismes sociaux à 9000 entreprises finit de démontrer le manquement des banques auprès de leurs clients, malgré les fonds mis à leur disposition par l’Etat.

Une fois encore, le Cerf exhorte le gouvernement à réinjecter des liquidités dans les TPE-PME pour pallier aux défaillances des banques et à des pratiques qui s’apparentent encore trop à des refus de vente. Le report et échelonnement au prix du crédit, des cotisations Urssaf, Unedic et de la TVA sont le seul moyen simple et immédiat d’y parvenir. En effet, il suffit souvent de quelques milliers d’euros de liquidités pour permettre aux TPE-PME de poursuivre leur activité : ainsi, la Médiation du crédit constate que 61% des encours de crédit traités sont inférieurs à 50 000 euros et 22% inférieurs à 10 000 euros. A chaque jour de retard pris dans le financement de ces entreprises, ce sont au minimum 260 d’entre elles qui disparaissent et 1300 emplois qui sont détruits.

Enfin, le Cerf déplore une nouvelle fois le silence coupable des organisations patronales qui ont choisi de ménager leurs relations avec les banques et se sont seulement contentées de remarquer que l’accès au crédit était plus difficile qu’avant. Dans sa dernière newsletter, le Medef parle d’un « mauvais cap à passer » et continue à parler de « petites nuisances » : bref, on regarde le train de la crise passer et on attend bien sagement la reprise…

(1) Rapport d’activité de la Médiation du crédit aux entreprises du 7 mars 2009
http://www.lescreateurs.org/090307-rapport-mediateur.pdf
(2) Communiqué du 30 mail 2008 – Défaillances d’entreprises : le pire est à venir
http://www.lescreateurs.org/080529-defaillances-dentreprises.pdf
(3) Communiqué du 23 avril 2008 – Crise des subprimes : danger TPE
http://www.lescreateurs.org/080422-crise-financiere-et-defaillances.pdf

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