La reprise en 2010 est utopique !

mar 17th, 2009 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

L’effet domino annoncé par le Cerf dès début octobre est à l’oeuvre et promet de durer. Le numéro un de l’affacturage, GE factofrance, constate que tous les secteurs de l’économie commencent à être touchés par les défaillances de paiement. Et les professionnels du secteur anticipent aujourd’hui 75 000 à 78 000 défaillances d’entreprises en 2009, contre 63 000 quelques semaines auparavant. Ce record et la progression sont historiques : +36% par rapport à 2008. Fait nouveau, les grosses défaillances (plus de 15 millions d’euros de chiffres d’affaires) connaissent une explosion de 80%, avec une augmentation toute aussi inquiétante des passifs de ces entreprises. D’où un effet boule de neige sur leurs fournisseurs et sous-traitants dans les mois à venir. Enfin, l’Allemagne, premier client de la France, n’est touchée réellement par la crise que depuis janvier. C’est donc seulement en 2009 que les effets de la crise vont être les plus dévastateurs avec un impact terrible sur l’emploi : l’Unedic prévoit aujourd’hui entre 375 000 et 454 000 chômeurs supplémentaires, un chiffre pire qu’en 1992.  L’Unedic se trompe pourtant, car ces chiffres pourraient bien être les destructions d’emplois dues aux seules défaillances et ne comptabiliseraient pas les arrêts d’activités, la réduction des effectifs et le chômage partiel. L’économie devra absorber cette onde de choc et ne pourra se relancer aussi vite que certains le prétendent.

Le Cerf s’étonne donc que malgré ces chiffres catastrophiques, des « experts » qui n’avaient prévu ni la crise financière ni la crise économique et son ampleur, parlent d’une amélioration de l’activité dès début 2010 ! Autrement dit, le Cerf craint qu’avec la mise en oeuvre du plan de relance et les conseils d’experts aveugles et sourds, le gouvernement se contente d’attendre la reprise alors que la dégradation s’amplifie et impose une mobilisation nationale. Car si l’importance de la redistribution sociale permet de penser que la France ne connaîtra pas un effondrement de la consommation, en revanche, la situation économique et financière de TPE-PME qui ne reçoivent aucune aide, est plus critique que jamais. Or la confiance ne reviendra que par l’activité, et ce qui manque aujourd’hui ce sont les possibilités données aux entreprises de financer cette activité (facilités de caisse et crédit court terme). 

Dès le mois de mai 2008, le Cerf a fait une série de propositions pour soulager la trésorerie des TPE et répondre à l’urgence : il s’agit notamment de permettre un report et l’échelonnement au prix du crédit des cotisations Urssaf, Unedic, de la TVA et des indemnités de licenciement. S’agissant de la réduction des délais de paiement, le Cerf propose que le Médiateur du crédit puisse être saisi des litiges entre des TPE et des grands donneurs d’ordre pour agir positivement sur le crédit interentreprises. Concernant les marchés publics, le Cerf propose que le TPG (Trésorier payeur général) s’engage auprès des entreprises à payer les factures à échéance. A charge pour le TPG de se retourner vers le débiteur. Le deuxième axe des mesures du Cerf vise à réformer le mode de financement des TPE afin de leur permettre de se développer. L’Etat, grâce à sa participation au deuxième groupe bancaire français, doit ainsi imposer aux banques, une révision drastique de leur politique tarifaire et de l’accès au crédit. Parallèlement, le Cerf plaide toujours pour une mobilisation de l’épargne des ménages et de l’ISF pour financer les TPE-PME (En savoir plus : lire le plan de sortie de crise du Cerf).

Il est grand temps que les experts cessent « d’expertiser » et d’induire en erreur l’action du gouvernement, et prennent conscience que sans financement de l’activité, il n’y aura pas de reprise de la croissance et de la création d’emploi. En clair, sans action directe et rapide vers les TPE, le plan de relance du président de la République ne pourra être efficient et permettra à des organisations syndicales, détournées de leur objet, de faire de la politique dans la rue. Le 19 mars, par exemple.

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