Défaillances d’entreprises : l’économie au risque des TPE

avr 21st, 2010 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

« Après douze trimestres consécutifs de hausse des défaillances, les premiers signes d’une détente étaient perceptibles fin 2009 (…) La baisse s’est poursuivie au début de 2010, confirmant un regain d’activité des entreprises et la reconquête des affaires », explique Thierry Million, responsable des analyses chez Altares. La société spécialisée dans l’information sur les entreprises indique que les défaillances d’entreprises ont baissé de 0,5% sur un an mais elles ont encore progressé de 1% pour les TPE. Ainsi, si les grosses PME connaissent une amélioration de leur situation malgré un niveau de défaillances élevé, il n’en va pas de même pour les entreprises de moins de 20 salariés : pour ces TPE, « Le cash est, et restera, le nerf de la guerre », explique Thierry Million qui confirme ainsi les nombreuses et incessantes alertes lancées par le Cerf depuis le début 2008 sur la trésorerie.

Cependant, le Cerf ne partage pas l’optimisme de l’analyste. En effet, l’espoir de sortie de crise doit être fortement tempéré par la fragilité persistante des TPE qui représentent 96% des entreprises en France : ceux qui les tiennent pour quantité négligeable, semblent oublier que ce sont ces entreprises qui structurent notre économie et qui sont à l’origine des créations d’emplois. Ils ne doivent surtout pas occulter que la crise économique est partie des TPE pour se diffuser à l’ensemble de l’économie à partir du premier trimestre 2008, période au cours de laquelle les banques touchées par la crise financière, ont commencé discrètement à couper le robinet à liquidités des TPE. Après la crise du début des années 90, il a fallu près de dix ans pour revenir à un volume de défaillances d’avant la crise, dans un contexte de croissance exceptionnelle… Le gouvernement doit donc comprendre que la reprise ne pourra avoir lieu si les TPE qui sont soit les clients, soit les fournisseurs des grosses PME et des grands groupes, restent asphyxiées par un manque de liquidités. Le gouvernement ne peut, dès lors, s’attendre à une amélioration rapide sur le front du chômage, ni sur celui des déficits publics…

Enrayer les défaillances de petites entreprises doit donc être la priorité du gouvernement. Pour y parvenir, le Cerf préconise quatre axes de sortie de crise :
- Financer l’activité des TPE
Cela passe par une augmentation de l’offre de crédit court terme pour couvrir les besoins de trésorerie. Or les banques continuent de ne pas jouer le jeu, c’est pourquoi le Cerf réclame dans sa pétition, un droit au crédit opposable ;
- Lutter contre les frais bancaires abusifs
La marge des TPE est mangée par des frais qui peuvent atteindre jusqu’à 5% du chiffre d’affaires de l’entreprises. Le Cerf réclame, dans sa pétition, la suppression des frais bancaires ainsi que la suppression des dates de valeurs sur les chèques qui ponctionnent le pouvoir d’achat des TPE ;
- Baisser le coût du travail
Le poids des charges sociales est un obstacle à l’embauche et donc à la reprise de l’activité alors que les besoins de personnel dans les TPE sont gigantesques. Le Cerf propose que pour toute embauche d’une personne en CDI en 2010, le salaire vienne en diminution des charges sociales à payer.
- Poursuivre, renforcer et élargir les missions de la Médiation du crédit.

Avec la fin des effets du plan de relance de décembre 2008, le gouvernement doit très vite décider d’un plan de sauvetage des TPE.

Je vote pour un plan de sauvetage des TPE

Commenter cet article...
Pour afficher un avatar avec votre commentaire, inscrivez vous sur gravatar!