Propositions de réforme des retraites : les mauvaises recettes aggraveront une situation déjà dangereusement dégradée

mai 21st, 2010 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

A l’heure d’une consultation nationale dont l’objectif est la sauvegarde du système de retraite par répartition, Eric Woerth, Ministre du Travail, renvoie les principales organisations patronales à leur copie, au motif que leurs réponses, la retraite par capitalisation, est tout simplement hors sujet. Même s’il n’exclut pas, comme le Cerf, que cette solution puisse effectivement compléter le système de base.

Le Cerf, par contre, est bien conscient que, au-delà de la nécessité de revoir l’âge légal du départ à la retraite et la durée d’activité (plutôt que la seule durée de cotisation), seule une action majeure et courageuse sur l’assiette de cotisation est susceptible de répondre aux enjeux de cette réforme.

Ainsi, toutes les solutions mises en avant qui, d’une façon ou d’une autre, taxent le travail et l’activité, sont destructrices de valeurs et donc, à terme, du système que l’on prétend sauver. Taxation du capital, taxation des dividendes, taxation de l’intéressement ou de la participation, « avec l’accord des organisations syndicales », ne sont qu’une façon déguisée et démagogique, tout autant qu’inefficace, de réduire les capacités productives et au final le travail, avec au surplus, de la destruction d’entreprise et d’emplois. Il est tout aussi illusoire dans cette perspective, de croire que le consommateur final et les autres composantes de la société ne seraient pas mis ainsi à contribution : en l’absence de concurrence extérieure, ce type de solution conduit à l’augmentation des prix. En cas de concurrence extérieure possible (c’est-à-dire de produits soumis à d’autres niveaux de taxation), le consommateur choisira le produit le moins cher et détruira les emplois et les entreprises en France.

Le Cerf a donc rappelé, en réponse à la question posée par le Ministre, qu’il était inconcevable d’écarter la réflexion sur le transfert d’une partie des cotisations sur la consommation. Une telle mesure permettrait en effet d’agir positivement sur le pouvoir d’achat des salariés, de baisser le coût du travail en France et donc des productions locales, d’améliorer ainsi la compétitivité de nos entreprises sur notre territoire et à l’export et donc le niveau de l’emploi. En un mot, d’agir sur l’activité et la croissance, ces paramètres essentiels et premiers en matière de pérennisation des systèmes de solidarité, qu’un certain nombre semble oublier aujourd’hui.

Il est donc urgent de revenir aux fondamentaux économiques et de comprendre comment se crée la richesse, c’est-à-dire la croissance, et donc le rôle joué par les entreprises.

Car on se refuse encore à voir l’entreprise telle qu’elle est : une dette (mobilisation du capital) servant à générer de la valeur (par le travail). Cette même valeur constitue le socle de la première ressource fiscale et de la croissance du pays. Certains considèrent la TVA comme un impôt injuste, il est en fait le plus vertueux. Le plus vertueux car il ne crée pas de distorsion de concurrence entre produits de même nature, qui supportent la même charge. Au surplus il ne vient pas entraver d’une charge supplémentaire le cycle de production de richesses, au contraire des cotisations sociales qui sont dues indépendamment des résultats et donc des ressources de l’entreprise.

C’est ainsi qu’au plus fort de la crise, les recettes sociales se sont effondrées, alors que le niveau de la consommation était, lui, resté globalement stable et aurait permis de maintenir le niveau des ressources destinées à la solidarité.

Le Cerf en appelle donc à toutes les composantes de la société afin que les réflexions soient sérieusement engagées pour soutenir l’appareil productif.

Je vote pour une réforme des retraites qui ne pénalise pas l’activité

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