La rigueur : enfin !

juil 19th, 2010 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Non, les patrons ne demandent pas plus de contraintes, au contraire. Mais ils ne peuvent que se féliciter quand l’exécutif fait preuve de réalisme : si le premier pas est souvent coûteux, il est également celui, dans un constat courageux, qui permet de regarder une situation en face et de prendre les décisions qui s’imposent.

Déjà au mois de mars 2009, le Cerf titrait « La reprise en 2010 est utopique ! » et était la seule organisation à démentir les experts qui annonçaient la relance pour 2010. Près d’un an et demi après, ces mêmes experts reviennent sur leurs prévisions, revoient les perspectives de croissance à la baisse, présageant d’un avenir toujours sombre sur le plan des défaillances d’entreprises et du chômage. Le Cerf avait également interpelé les Régions sur leur action face à la crise… La dernière étude de l’AdCF et de la Caisse des Dépôts confirme malheureusement l’effet de propagation progressive de la crise à la quasi-totalité du territoire : ce n’est qu’après le passage de l’onde de choc pour l’instant encore silencieuse que l’on pourra mesurer l’effet de la déflagration de la crise sur l’économie… Les faits sont têtus, qui finissent par briser les cathédrales de prévisions aussi optimistes qu’illusoires, parce que construites sur du sable. L’économie réelle se mesure dans les entreprises avant de se traduire sur le plan de la macro économie ou de l’économie des Etats.

François Fillon a donc eu raison de lâcher le mot que de mauvais conseillers soufflaient à l’exécutif de ne pas employer : sans réalisme, pas de pragmatisme. La solution, il n’y en a qu’une, passe par la croissance. Et une croissance forte. Laquelle n’est possible que si les entreprises ne se lancent pas à corps perdu dans des innovations ou des investissements hasardeux, mais mettent en place les projets générateurs de cash, le seul capable de faire tourner la machine et qui fait cruellement défaut. Qu’il s’agisse de crédit court ou moyen terme pour financer l’activité, ou de baisse des prélèvements, qui plombent la compétitivité et la capacité d’ajustement aux changements de l’environnement économique, commercial et concurrentiel, la question réelle est bien celle de la circulation des liquidités afin d’alimenter le cycle de la création de richesses : vendre, pour faire rentrer les liquidités, puis réinjecter, pour assurer le développement de l’entreprise (investissements, salaires, dividendes). La machine est en panne depuis trop longtemps, il faut la réamorcer.

Les entreprises comptent des milliers de projets qui ne voient pas le jour, non pas faute de marchés, mais faute de moyens humains, organisationnels, techniques… En fait, et toujours, de financements.

La rigueur ne peut donc être autre chose, à travers les efforts demandés à chacun, qu’une mobilisation nationale, afin de redonner l’impulsion suffisante et durable à la croissance. Il faut que chacun en soit convaincu.

L’Etat doit poursuivre la réduction de ses coûts, la baisse des prélèvements et la simplification.
 
Les banques, bien sûr, doivent financer les entreprises et prendre le relais d’un crédit interentreprises en réduction pour cause de loi sur les délais de paiement. Les mêmes banques doivent changer drastiquement leur politique de frais bancaires vis-à-vis des petites entreprises, laquelle s’avère confiscatoire et préjudiciable à l’ensemble de l’économie.

Les partenaires sociaux doivent se mobiliser pour permettre un retour à l’emploi rapide en soutien de la relance : ils ne doivent plus faire obstacle à la proposition du Cerf qui permettrait que de nouveaux emplois en CDI viennent en diminution des charges à payer, augmentant la contribution travail pour la relance, permettant de baisser la pression sur certaines catégories de travailleurs et maintenant la masse salariale à un niveau supportable (premier frein à la création d’emploi en période d’économies).

L’énergie d’un pays comme le nôtre permet d’espérer, tant chacun est convaincu des atouts qui sont les nôtres, à condition de décider de lever les freins qui ne relèvent ni d’une malédiction, ni de la concurrence internationale, mais trop souvent d’une partie de ceux censés représenter les Français auprès des décideurs politiques.

Je vote pour une mobilisation nationale

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