Mesurer l’activité des petites entreprises, une autre façon de rendre la parole aux TPE

juil 27th, 2010 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

« Les agences [de notation] n’ont jamais autant été sur la sellette. Leur responsabilité dans la crise du subprime avait été mise en exergue. Aujourd’hui, c’est le rôle amplificateur de leur notation de la dette souveraine et le calendrier de leurs annonces qui prêtent à polémique », explique le président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet. Et qui trinque ? L’économie réelle, et en premier lieu les TPE-PME qui ont été les premières victimes des restrictions de crédit.

Le 6e rapport de l’AMF sur les agences de notation couvre la période cruciale 2008-2009. S’agissant du crédit des entreprises, ce rapport « constate qu’il y a eu en France une augmentation du nombre net des dégradations de notes : toutes décisions d’agences confondues, on compte 4,5 abaissements pour 1 relèvement en 2009. » Mais en réalité, seulement 349 entités sont notées sur 2,3 millions d’entreprises et 96% de TPE ! Cela signifie concrètement que les agences de notation sont incapables de déterminer la santé économique et financière des entreprises et des secteurs. Même la Banque de France qui est elle-même une agence de notation, n’a pas de données sur les entreprises qui réalisent moins de 750 000 euros de chiffre d’affaires, une TPE est en moyenne en dessous de 400 000… Dès lors, il n’est pas étonnant que les décideurs politiques et économiques n’aient pas perçu que la crise financière avait commencé à frapper les TPE dès le début 2008 avant de se diffuser à l’ensemble de l’économie, les petites entreprises étant soit les fournisseurs, soit les clientes des groupes.

Si, malheureusement, « ce qui ne se mesure pas n’existe pas » est médiatiquement vrai, force est de constater aujourd’hui que l’ensemble du système est aujourd’hui ébranlé faute d’avoir pu avoir connaissance, grâce aux bons outils de mesure, de la réalité de la situation.

Conclusion, les agences de notation n’ont pas les outils adaptés pour observer l’évolution de notre tissu économique. Il est donc grand temps de fonder les opinions et les décisions sur des indicateurs objectifs et indiscutables qui seront une aide au pilotage de l’économie pour l’exécutif et non une source de problèmes et de déstabilisation de l’activité.

C’est pourquoi le Cerf alerte depuis des années sur la nécessité de mettre réellement les TPE au cœur de l’attention et de l’action des décideurs politiques à tous les échelons. Un autre constat, dès lors, s’impose : l’échec absolu des organisations censées représenter les TPE et dont la représentativité est de plus en plus contestée. Mais il est vrai que, là aussi, aucune mesure n’existe.

Je vote pour une meilleure prise en considération des TPE

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