Journée d’action des syndicats contre la réforme des retraites : l’emballage social masque difficilement la déviance politicienne

sept 6th, 2010 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Tous les syndicats appellent à manifester mardi 7 septembre contre la réforme des retraites. Après les journées d’action des 27 mai et 24 juin, c’est déjà la troisième fois que les Français sont encouragés à s’opposer à un projet de loi qui vise pourtant à sauver le régime de retraite par répartition. Les syndicats arguent de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans et refusent de prendre en considération les principes de réalité : augmentation de l’espérance de vie, rapport actifs/retraités de plus en plus défavorable et déficit croissant du régime… autant de vérités qui sont mesurées par le Conseil d’orientation des retraites dont ils sont membres. Le gouvernement, lui, a tenu ses consultations depuis le printemps et doit maintenant présenter son projet au Parlement.

En choisissant d’organiser des grèves contre un texte qui n’est pas encore en discussion, les syndicats prennent la décision plus que discutable de bloquer le pays et d’aggraver la situation des plus fragilisés, avant d’avoir utilisé tous les moyens en leur possession pour améliorer le texte qu’ils critiquent. Ce faisant, et c’est plus grave, ils bafouent de fait le Parlement, dont l’action correctrice d’un texte, est un des fondements de la République et de la démocratie.

En effet, conformément à la procédure législative, il appartient désormais aux représentants du peuple, députés et sénateurs, seuls élus au suffrage universel, d’amender le texte proposé par le gouvernement, voire de s’y opposer. Des syndicats responsables et soucieux de l’intérêt général auraient saisi cette opportunité, dans le respect de tous, pour faire avancer leurs propositions auprès des parlementaires.

En fait, la vérité est ailleurs : les syndicats font de la politique. Et ne font que cela, sous couvert d’action syndicale. A deux ans de l’élection présidentielle, tous les moyens sont bons pour se positionner, mobiliser, déstabiliser, comme de vulgaires et mauvais lobbies. Démagogie, populisme et mensonge pour s’attirer des sympathies et manipuler l’opinion sont l’exact opposé de ce dont la France et les Français ont besoin pour faire face à la situation réelle du pays, préoccupation qui n’est manifestement pas celle des leaders syndicaux. Les actions à venir sont autant d’opérations de communication qui ne rentreront pourtant pas dans les budgets de campagne des partis, mais qui ne servent pourtant pas d’autres intérêts. Surtout pas l’intérêt général. Le tout est, faut-il le rappeler, largement financé par de l’argent public. Ce sont les Français, au final, qui paient et qui paieront pour leurs déviances.

Une fois de plus, la démonstration est faite, que la France reste essentiellement malade de ses corps intermédiaires, qui refusent d’assumer pleinement leur rôle dans le cadre qui est le leur.

Sur le plan des retraites, le Cerf est conscient que la nécessaire augmentation de la durée de cotisation et le report de l’âge légal à 62 ans ne suffiront pas pour combler les déficits. Cependant, la solution ne peut passer par une augmentation des cotisations patronales comme le réclame certains syndicats et partis politiques, car le poids des charges sociales grève déjà la compétitivité de nos entreprises, donc la création d’emplois et les recettes sociales et fiscales. Le niveau des prélèvements qui pèsent sur les entreprises reste même une des principales causes du niveau de défaillances d’entreprises, dont le taux est plus élevé en France que partout ailleurs. Il faut au contraire baisser le coût du travail au lieu de l’augmenter. C’est pourquoi le Cerf propose que la TVA sociale participe au financement des retraites : taxer la consommation plutôt que le travail, c’est faire participer l’ensemble des biens consommés en France, et donc les activités délocalisées, au lieu de taxer le travail et les emplois.

2 réponses to “Journée d’action des syndicats contre la réforme des retraites : l’emballage social masque difficilement la déviance politicienne”

  1. postmaster on 11th octobre 2010 9:42

    Je rebondis sur les propos contenus dans le fax qui a été diffusé largement aux PME, TPE et grands groupes du privé la veille de la manif du 12 octobre. ( http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/08/les-syndicats-et-le-piege-de-la-greve-reconductible_1422308_3232.html ) faisant référence à l’article dans le monde entre parenthèse, et demande au beau Monsieur du Corbeau : Mais qu’oppose t’il à cette guerre qui est en marche? Est-il arnaqueur, idiot où bien pas équpé pour comprendre ce qui se passe? Au travers de ces belles paroles, aucuns propos pour contenter la ‘France qui travaille pour les autres’, juste une invitation à adhérer à son ‘parti’ libéral qui Crée l’emploi et la richesse de France. Le temps des neuneu c’est bien terminé Monsieur du Corbeau, on va bien vous le faire lâcher votre fromage…

  2. CERF National on 14th octobre 2010 1:59

    Cher postmaster,
    Faisant référence à votre commentaire, il apparait que bien que maniant élégamment les fables, vous n’ayez pas entendu notre propos. Voici donc les réponses à vos questions :
    Premièrement, nous ne sommes ni un parti, ni libéraux – ceci est par ailleurs compris dans la définition de « apolitique ». En lisant plus avant, vous auriez évité cette méprise et compris que nous étions une association – notre but n’est donc ni politique au sens où vous l’entendez, ni lucratif.
    Passant cette omission – et les remarques désobligeantes qui en découlent ainsi que le soupçon d’orgueil qui vous placerait au-dessus des autres, vous qui êtes « bien équipés » semble-t-il pour comprendre la situation – nous osons croire ne correspondre à aucun des adjectifs précités. En effet, en vous informant avant d’émettre quelque jugement, vous auriez pu voir les actions que nous menons pour la défense des TPE/PME. Il est certes plus facile de critiquer et d’attendre que la solution vienne des autres, nous vous le concèdons, mais nous avons préféré, contrairement à d’autres, agir en accord avec les chefs d’entreprise qui nous font remonter l’information de terrain. Certes, cela ne plait pas à tout le monde, nous le comprenons mais comme vous le dites si bien, « le temps des neuneu » est terminé. Espérons que celui des ignorants touchera lui aussi bientôt à sa fin. Dans le cas contraire, il serait intéressant de quoter la bêtise en bourse auquel cas la France aura vite fait de résorber ses dettes.

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