Financement des TPE-PME : la révolution postale ?

sept 10th, 2010 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués, à la Une

Il faudra encore patienter plusieurs mois avant de voir apparaitre les offres de La Banque Postale pour le financement des entreprises. Son président du directoire, Patrick Werner, a annoncé hier qu’il allait progressivement lancer cette activité en 2011 conformément à la demande du président de la République. Alerté par le Cerf, le chef de l’Etat avait émis le souhait, en février dernier, de voir la Banque Postale prêter aux entreprises. Agacé par la politique malthusienne des banques traditionnelles, Nicolas Sarkozy appelait de ses vœux l’arrivée d’un nouvel acteur sur ce marché pour le financement des TPE.

Le Cerf se félicite de cette décision. La pétition lancée par les Créateurs début février, a précisément pour objet de faire émerger une banque pilote pour les petites entreprises. Son rôle : apporter à la fois son soutien à l’activité des TPE-PME et supprimer la cascade de frais bancaires qui les étranglent. Notre ambition est de remodeler le paysage bancaire en contraignant les autres banques à aligner leur politique de crédit et leurs tarifs sur la banque la mieux-disant pour les petites entreprises. La Banque Postale n’étant pas à l’époque un acteur dans le crédit aux entreprises, le Cerf avait porté son choix sur la BPCE, toute nouvelle banque issue de la fusion des Banques populaires et de la Caisse d’Epargne. En effet, celle qui se présente comme la banque des PME offrait l’avantage d’avoir été refinancée par l’Etat et d’avoir à sa tête l’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée, François Pérol.

La Banque Postale compte aujourd’hui 118 000 entreprises clientes dont 99 000 TPE et professionnels. Elle devrait dans un premier temps se limiter aux activités classiques d’une banque de détail : prêts, crédit-bail, affacturage et mobilisations de créances.  Reste à savoir si elle offrira un réel mieux-disant par rapport à l’oligopole bancaire actuel, en particulier sur la question sensible des frais bancaires : aujourd’hui, les banques traditionnelles ont mis en place un système qui ponctionne systématiquement la trésorerie des TPE-PME et met en danger leur rentabilité au risque même de tuer « la poule aux œufs d’or » pour ces banques et de fragiliser la croissance française. L’arrivée de la Banque Postale pourrait donc être plus révolutionnaire qu’il n’y paraît.

Le Cerf sera donc attentif aux offres qui seront mis en place par la Banque Postale, et plus encore à la politique de ses agences sur le terrain. Nous invitons d’ores et déjà les patrons de TPE clients de la Banque à nous faire part de leur retour d’expérience sur la qualité du conseil et des services offerts, et sur sa politique tarifaire. Pour les autres, en particulier ceux qui ont des problèmes de financement au sein de l’oligopole bancaire, nous les invitons à prendre contact avec la Banque Postale afin que la manifestation de leur intérêt et de leurs besoins permette la mise en œuvre rapide de solutions vitales pour leur activité, la croissance et l’emploi.

Vos témoignages sur la Banque Postale

3 réponses to “Financement des TPE-PME : la révolution postale ?”

  1. ph lalu on 6th janvier 2011 9:41

    Pourquoi ne pas créer un association de quelques centaines de TPE souhaitant sortir de l’oligopole bancaire française pour aller collectivement vers une Banque intéressée à l’entreprise comme des banques allemandes ou luxembourgeoises ?? Il y a urgence

  2. e-affacturage on 15th février 2011 11:23

    Si le gouvernement veut pouvoir peser sur les frais bancaires, il devrait plutôt encadrer par la loi ces frais, au lieu de laisser une pseudo concurrence qui n’existe pas.

    Plutôt que de chercher à s’appuyer sur la banque postale, pourquoi l’Etat ne donne-t-il pas plus de compétence à OSEO, qu’il cantonne dans les contre garanties, alors qu’il faudrait lui donner des compétences générales de financement. Les oligopoles bancaires seraient alors dans l’obligation de suivre.

  3. AURIBAULT Joel on 11th mars 2011 5:45

    Je travaille avec les USA. En février virement client de € 4000 de provision d’honoraires sur le Crédit Agricole. Frais + de 73 €. J’ouvre un compte à la LBP pour mettre le CA en concurrence car je trouve qu’ils exagèrent sur de nombreux points. Avril, même client US avec € 8000 d’honoraires : frais sur LBP, environ 18 € et qq centimes !!! Chercher l’erreur [...] J’attends toujours une explication convaiquante de Crédit Agricole… Pour le reste, je suis obligé de prendre du crédit perso alors que l’entreprise est cliente depuis 20 ans… Lamentable…

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