MIN : 50 000 euros pour trahir les professionnels !

déc 1st, 2010 | By CERF National | Category: 01 - CERF IDF, 1 - CERF National, Communiqués

En période d’élections consulaires, l’évolution de la loi encadrant les Marchés d’Intérêt National (MIN) et impliquant la suppression du périmètre de protection des MIN tels que Rungis, reste un sujet d’une brulante actualité. Chaque professionnel sait que cette modification des textes met en danger la survie des entreprises exerçant sur les MIN en livrant les grossistes à l’appétit féroce de la grande distribution, comme le groupe METRO à l’origine du changement de la loi. Le distributeur n’a d’ailleurs pas caché sa satisfaction et vient d’annoncer la signature d’un contrat avec Auchan, pour la fourniture de produits en marque distributeur que la marque allemande pourra maintenant écouler librement. Oubliées, les contraintes imposées aux grossistes depuis 40 ans, obligés de supporter des loyers et des frais de fonctionnement hors norme sur les MIN, sans aucun espoir de devenir propriétaire et sans aucune compensation au moment où toutes les contraintes, ou presque, sont levées pour les nouveaux entrants qui arrivent avec les moyens financiers de groupes internationaux.

Le groupe Metro a donc fait une opération de maître en obtenant le vote par l’Assemblée de l’amendement qui lui permet de s’exonérer d’obligations qui s’imposent à tous. Mais comment en est-on arrivé là ?

Metro n’en est pas à son coup d’essai. Déjà en 2005, il avait déposé une proposition de loi pour obtenir d’abaisser les seuils de revente à perte, soit disant au bénéfice des petits commerçants. Devant les résistances qui s’élevaient face à une nouvelle demande de la grande distribution pour fausser le marché, Metro a donc finalement fait défendre sa position par la Fédération Nationale des Epiciers (FNDE), dont il est depuis l’un des principaux sponsors.

Les stratégies qui fonctionnent ont naturellement vocation à être réutilisées. Face au blocage de fédérations entières contre la levée des périmètres de protection, METRO a donc réitéré la démarche et s’est assuré le soutien de ceux qui auraient dû la combattre. Impossible ? Tous les observateurs ont été étonnés de voir en 2010 Madame Catherine Vautrin défendre l’amendement METRO en répondant à ses contradicteurs que les professionnels étaient pour, citant le soutien de la CGPME et des restaurateurs. Il aura échappé à la députée que 2010 était l’année de l’adhésion du groupe de distribution à la Confédération, laquelle, aux dires des membres de la commission commerce, aurait perçu une cotisation de 50 000€ pour 6 mois ! Quand on sait que les principales fédérations du commerce paient des cotisations inférieures à 5 000 € par an, on comprend que la défense des pme et tpe ne soit plus aussi urgente. Et Métro de s’acheter la voix de la représentativité à bon compte. Le politique, lui, n’y voit que du feu…

Et pourtant, les MIN, ce sont 26 000 emplois et 2250 TPE-PME et presque 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Rungis, par exemple, s’adresse avant tout aux petits commerçants travaillant en magasin ou sur les marchés, aux métiers de bouche (50% des acheteurs), ainsi qu’aux restaurateurs (15%), garants de la transmission de notre patrimoine culturel, gastronomique et historique et qui participent au rayonnement de la France à l’étranger depuis des décennies, ce sont chaque jour 30.000 personnes qui vendent (1/3), achètent (1/3), préparent ou transportent (1/3) ces denrées. Le classement de la gastronomie française au patrimoine mondial de l’UNESCO en est une des nombreuses conséquences positives.

Est-on à ce point dédaigneux en France du petit et moyen commerce que nous souhaiterions voir disparaitre un modèle pourtant envié à l’étranger, dont la société gestionnaire est sollicitée pour participer à la localisation, la définition, l’organisation, la conception, l’exploitation de marchés de gros dans dont nombreux pays et en particulier en Chine alors que le chef de l’Etat doit faire des pieds et des mains afin de signer des contrats pour les grandes entreprises avec le pays du soleil levant ? Est-on à ce point d’opulence en France que nous pouvons tourner le dos à un secteur dans lequel nos TPE et PME dégageait 7,6 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2007 ?

Peut-on dès lors laisser la CGPME prendre en main la destinée des entreprises en la plaçant à la tête de la Chambre de commerce comme elle l’ambitionne ? Il est essentiel que les MIN et les entreprises qui y exercent leur activité soient représentés et défendus par des chefs d’entreprises conscients des enjeux. Ce n’est qu’en élisant et en faisant élire ses candidats que le Cerf pourra poursuivre son action au service des entreprises au sein des institutions officielles, écoutées par les décideurs politiques.

Pour une véritable indépendance de la représentation des entreprises,
votez pour les candidats et la liste du Cerf, soutenue par Hervé Lambel.

LA SEULE LISTE PROPOSANT UN BILAN, UN PROGRAMME, DES PROPOSITIONS ET ACTIONS CONCRETES.

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