L’esprit du syndicalisme aux oubliettes

mar 25th, 2011 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Il y a plus d’un siècle fut adoptée la loi Waldeck-Rousseau, du nom du ministre libéral qui la fit voter, autorisant la création des syndicats et groupements professionnels.

Les organisations patronales et syndicales de salariés – peut-être à cause des récents événements mais plus certainement à cause du déficit de représentativité, de la désaffection des adhérents – ont progressivement tourné le dos aux valeurs à l’origine de leur création au point de ne pas célébrer cette date symbolique. Elle se devait pourtant d’être un des piliers de la démocratie, et donc assurer un meilleur fonctionnement de la République et des institutions.

Le 21 mars 1884 représente ainsi les premiers pas vers la liberté syndicale (et le renforcement de la démocratie). En ces temps agités, le Cerf souhaite rappeler les mots du Ministre à l’origine de la liberté d’association :

« Je rêve que les associations rapprochent les hommes, leur apprennent à s’aider, à se connaître et se substituent à l’égoïsme individuel. »

Ces quelques mots devraient pour le moins interpeler les organisations qui se disent représentatives, et les amener, malgré les divergences d’opinion, à travailler ensemble pour le rétablissement de la France et non pas à créer des antagonismes dans des logiques de politique politicienne. Force est de constater que le principe voulu par Waldeck-Rousseau a été déformé au profit de l’idéologie et du carriérisme syndicale, participant ainsi à l’élargissement du fossé qui divise le pays et ses citoyens en confisquant puis en se substituant à la parole des Français.

Face à l’impérieuse nécessité de répondre aux besoins des travailleurs français, patrons et salariés, le Cerf souhaite que la volonté politique de réforme de la représentativité se poursuive sans attendre, au risque de voir cette polarisation aggravée. Le désir des organisations patronales et salariées de préserver leur pré carré ne doit en effet pas entraver la détermination légitime des citoyens d’être entendus.

Toute tentative des organisations patronales et syndicales de réduire les débats à des questions économiques et sociales sur lesquelles ils sont en échec depuis des décennies (emploi des jeunes et des séniors, formation professionnelle, trésorerie des TPE/PME…) parce que déconnectés de la société, n’est qu’une tentative de plus d’éviter le vrai sujet : rendre la parole aux français.

Seules les mobilisations contestataires parviennent désormais à mobiliser parce qu’elles permettent d’exprimer le ras-le-bol de tous ceux qui se sentent délaissés par le système.

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