Unité nationale ou manoeuvre politicienne ?

août 21st, 2011 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

En lançant un appel à l’unité nationale sur la question de la réduction de la dette et la mise en place d’une règle d’or pour interdire des déficits à venir, le Premier Ministre a raison.

Il a raison face à la nécessité d’alléger la charge qui tire tout le pays vers le bas, pour permettre l’avenir, permettre de ne pas bloquer le système bancaire européen dont les entreprises ont un besoin vital à condition, bien sûr, que les banques jouent enfin le jeu. Ce qui est encore loin d’être le cas : les frais bancaires pillent les trésoreries que les banques ne financent pas.

Le Premier Ministre a donc raison, mais ce n’est pas suffisant. Il faudra plus qu’une prise de conscience politique et la mise de côté, le temps d’une action saine, des jeux politiciens pour la recherche du pouvoir, au détriment de l’intérêt national : il faudra la mobilisation de tous, une mobilisation nationale.

Pour les entreprises et l’activité.

Car la crise, si elle est financière, sans contestation possible, est avant tout le résultat d’une économie européenne trop faible, dans laquelle la France est elle aussi trop faible et ses entreprises avec elle.

Le Premier Ministre a donc raison de conserver le contact avec les organisations syndicales pour les entendre. Mais il a en même temps tord, car elles ont une part de responsabilité importante, qu’il est impossible de passer sous silence, dans la crise de 2008 et celle qui redémarre depuis plusieurs mois. Responsabilité en terme de légitimité, au même titre que les organisations patronales, car conservatrices d’un système qui nie la parole des patrons, des employeurs et des salariés, mais aussi car inadaptées au monde dans lequel elles prétendent agir. Elles ne jouent plus leur rôle et ont ainsi été les grandes absentes de l’alerte qu’elles auraient pu et dû donner dès le début 2008. Elles ont ensuite bloqué le pays, pour des raisons politiques enrobées d’un vernis social qui ne trompe plus personne, à moins de vouloir conclure à l’incompétence totale et définitive de ces organisations, tant il est évident que les réformes combattues étaient nécessaires. Blocage, donc, des efforts de ceux qui œuvraient à une relance dans une situation difficile, voire intenable. Cette responsabilité s’est encore alourdie : elles ont attisé le feu des revendications salariales au moment où les entreprises, toujours à la peine, voient le nombre des faillites repartir à la hausse, quand le revenu des patrons est lui à la baisse… comment alors, ne pas s’interroger sur leur demande à être entendues par le Premier Ministre ? comment surtout ne pas y voir l’opportunisme de leur action, à la veille des échéances électorales nationales et syndicales, face, également, à la demande croissante d’une réforme en profondeur de la représentativité ?

L’unité nationale que le Premier Ministre appelle de ses vœux ne pourra pas se construire sur les ruines d’une représentativité illusoire qui défend ses propres intérêts. Elle ne pourra se mettre en œuvre qu’à partir du signal fort de l’affirmation que les temps imposent, à tous, le changement et l’engagement ; en rendant la parole aux exclus d’une représentation nombriliste qui se satisfait d’un « entre-soi » nuisible ; à partir de la recherche de solutions avec ceux, prioritairement, qui œuvrent, trop souvent dans l’ombre et avec peu de moyens, dans l’intérêt général.

A défaut, l’appel à l’unité national du Premier Ministre ne sera alors qu’une déclaration politicienne contre le camp adverse et non une recherche sincère des appuis nécessaire pour faire face à une crise dont certains, aveugles et irresponsables, n’ont toujours pas compris l’ampleur et les risques.

4 réponses to “Unité nationale ou manoeuvre politicienne ?”

  1. roul on 22nd août 2011 10:12

    Le ton de votre article est juste. Les pme que nous sommes ne peuvent plus supporter ces vieux états d’esprit des corporations privilégiés que nous serions censés entretenir dès l’age de 50 ans.

  2. GRANGER on 23rd août 2011 9:40

    Il faut saluer l’appel de notre 1er ministre Sarthois, mais c’est un coup d’épée dans l’eau ou une manoeuvre politicienne, le seul moyen de redresser une entreprise en difficulté est de faire des « coupes sombres » PAS DE 2 %, mais de 20 % d’abord chez ceux qui ont la garantie du salaire, mais aussi sur les frais courant .

    MAIS IL Y A UNE SUJET DONT ONT NE PARLE JAMAIS : les associations exploitées sous la loi de 1901 . Il devient de moins en moins intéressant de créer une entreprise, une association est bien plus facile à gérer d’autant plus que ce système permet de ne pas payer d’impôts, peu de charges, mais également d’encaisser des subventions . Nous sommes dans notre entreprise de plus en plus concurrencé par des associations qui répondent aux appel d’offre pour des travaux qu’elles ne savent pas faire . Pour faire bien et surtout « du social »les maires et services sociaux des communes bricolent les dossiers, nous avons malheureusement de multiples exemples, nous allons de plus en plus au tribunal administratif , même là le système est aussi gangrené . Il est urgent dans les futures réformes de bloquer les contrats des employés de mairie pour 3 ans, cela leur permettrait de se former à la compétence et à l’honnêteté . G GRANGER

  3. GRANGER on 23rd août 2011 11:18

    UNITÉ NATIONALE pour la dette ? ? NON … les ARTISANS, COMMERCANTS et TPE ont assez donné en travaillant 2 à 3 fois plus que les autres !……. MAIS … qui est à l’origine de la dette : LES POLITIQUES qui se passent le bébé et qui piquent dans la caisse sans se préoccuper de quoi que ce soit depuis l’ère POMPIDOU .
    L’INTELLIGENCE et la CAPACITÉ à rebondir des TPE est certes illimitée, mais la lassitude pèse de plus en plus sur ces « bêtes » de travail que sont les petits « patrons »
    G GRANGER

  4. le temps du changement on 28th août 2011 1:22

    Une analyse que nous partageons sans réserve.
    Les Associations qui font du business sont multiples dans le service à la personne, de plus elles sont le plus souvent soutenues par l’argent public au travers du regard bienveillant des Conseils Généraux.

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