Entreprise : cette « plaie » qui fait pourtant défaut à la France (1)

mai 1st, 2012 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués, à la Une

Responsable du chômage, de la pauvreté, de la casse sanitaire et sociale du pays, sans aucun apport bénéfique pour notre société, l’entreprise, cet ennemi « sans visage », fait un bouc-émissaire parfait en période électorale : elle ne vote pas. Mieux, on peut en plus faire croire aux Français qu’on les épargnera en taxant cette hydre odieuse qui sert les marchés, cet autre « ennemi invisible », en lui fournissant de la main-d’œuvre/consommatrice qui sert à alimenter le « système » par son travail et sa consommation. L’exploitation du travail par le capital est bien sûr toujours à l’œuvre. En France plus qu’ailleurs. En tout cas, sur le plan de la dialectique. Il en ressort de grands discours sur la justice. Mais pour quel néant ?

Car au nom de cette posture ne voit-on pas resurgir des propositions démagogiques, populistes et dangereuses ? Notamment de la part de ceux qui prétendent « rassembler » les Français, mais qui, à bien y regarder, manipulent honteusement l’opinion en cristallisant ses peurs sur l’économie et ses acteurs, alimentant ainsi, plus que jamais, et en profondeur, la division du peuple de France, le levant contre ce qui reste sa seule chance d’atteindre les objectifs de création  de richesse et d’emploi, permettant de soutenir une solidarité au bord de la faillite : l’entreprise et l’esprit d’entreprendre.

Parmi ces propositions, de véritables délires du type : « pour augmenter les recettes fiscales de l’Etat, on peut imaginer de taxer les entreprises de services qui ne sont pas délocalisables » (Michel Sapin, ex-ministre de l’Economie et des Finances, qui rêve d’y revenir)… On continue de croire que l’entreprise est une réserve de richesses et non le lieu où elles sont produites : il n’y aurait qu’à se servir !

Mieux, face au récent constat de l’OCDE de la hausse du coût du travail qu’il n’est plus possible de nier, François Hollande, pris de court, propose enfin de baisser la charge qui pèse sur le travail et tue l’emploi en France : il faudrait donc baisser les cotisations et, en contrepartie, taxer les machines. Quel imbécile a pu sérieusement souffler cette idée à un candidat à la présidence de la République ? Ignore-t-on encore que les principaux secteurs industriels où la France est compétitive avec les pays émergents, sont justement les industries fortement mécanisées ? et ce, pour une raison fort simple : à ce jour, les pays émergents achètent les robots au même prix que nous. Vouloir taxer les robots des industries localisées en France, c’est vouloir liquider le peu de production qui nous reste encore…

Le pire est que cela n’a rien à voir avec des questions économiques, mais seulement de politique politicienne : ne pas s’aligner sur l’idée de la TVA dite sociale qui porte comme une tare d’être présentée par la droite, en prétextant qu’ « il serait injuste de faire payer à tous les Français, ce qui est payé par les entreprises ». Mais sauf à être totalement ignare en matière d’économie d’entreprise et de fiscalité, ce qui peut malgré tout se concevoir mais n’en est pas moins inquiétant si l’on prétend vouloir présider à la destinée d’un pays de 60 millions d’âmes, comment oser affirmer que les charges patronales sur les salaires sont payées par les entreprises et qu’il serait injuste de les faire payer aux consommateurs ? Les charges dites patronales sont intégrées aux prix de revient des produits, et sont donc constitutives du prix de vente, donc payées par les consommateurs. Pardon : par les consommateurs suffisamment stupides pour acheter des produits qui intègrent ces charges, donc les produits fabriqués en France. Et on prétend vouloir défendre les entreprises et la production française ou européenne pour pérenniser nos emplois ? De qui se moque-t-on ? Serons-nous assez stupides pour laisser prospérer des discours qui nous conduiront collectivement à la ruine ?

Lire la suite : Entreprise : cette « plaie » qui fait pourtant défaut à la France (2)

7 réponses to “Entreprise : cette « plaie » qui fait pourtant défaut à la France (1)”

  1. GUERAUD on 2nd mai 2012 6:01

    Bonjour,
    je suis très déçu car je pensais que vous étiez un site qui défendait avant tout les PME et surtout les TPE, ces sociétés dans lesquelles j’ai travaillé 40 ans et dans lesquelles je travaille encore. Ces sociétés exploitées par les société du CAC 40 et leur gros sous-traitants qui sont souvent de grosses PME. Ces TPE qui depuis longtemps n’arrivent plus a trouver de financement, ces sociétés ou le patrons a du mal à embaucher car il ne trouve plus la main d’oeuvre. ces socitéés où le patron ne gagne pas 100, 200 voir 400 fois ce que gagne le plus bas salaire de son entreprise car il a le respect de son personnel, tous les jours il les côtoie, tous les jours il travaille avec eux c’est le chef mais c’est un compagnon de travail. cette industrie qui a été si longtemps délaissé, bafoué. OUI si nous sommes un pays qui ne produit plus, qui ne conçoit plus et qui ne fait que de la finance et du service qu’allons nous laisser à nos enfants? pour exemple l’année de ma naissance en 1947 il y a avait ne France 136 constructeurs de machines outils, à ce jour il n’en reste que 5 !!! 2 Franco -français, 1 franco-indien, 1 franco-chinois et 1 franco-américain, ces machines vous savez ce qui sert à l’ouvrier pour usiner, travailler les matériaux et produire. Je suppose que vous n’avez pas lu les pages 7 et 8 soit les propositions 1) banque publique d’investissement au niveau régional, 2) Je ferai des PME une priorité, 3) je favoriserai la production et l’emploi, 3) je soutiendrai le développement des nouvelles technologies…7) je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi….11) proposer a nos partenaires un pacte de responsabilité et de croissance…puis ce fameux contrat de génération qui ne coûtera rien à la France mais qui permettra de donner du travail a des jeunes, de conserver l’emploi des seniors, de les faire travailler ensemble et de permettre de péréniser le savoir faire, ce que nous avons perdu, tout cela en permettant de tisser un lien entre les générations et non pas diviser, diviser, toujours diviser les citoyens entre eux les blancs des gens de couleurs, les catholiques contre les autres, d’ouvrir cette boite à pandore dont nous avons vu les désastres durant plus de 1000 ans!!! les vrais travailleurs des faux qu’est ce être un faux travailleur, un branleur de socialiste, de syndicaliste, un fonctionnaire, un instituer de gauche bien sur? quelqu’un qui ne partage pas vos opinions? allez chers concitoyens réfléchissez et surtout regarder l’histoire afin de comprendre le passé, de vivre le présent et de prévoir l’avenir. Très sincèrement je pense qu’il y a une autre alternative qui permettra à notre pays la France de retrouver de l’espoir comme elle a su le faire dans les occasions les plus graves de notre histoire quand le peuple en 70 refusa la défaite de napoléon le petit, quand en 14 il se saigna dans les tranchées quand à 40 il refusa la défaite et entra en résistance. Tous ces acquis que nos ancêtres nous ont légués nous nous devons de les laisser à nos enfants et petits enfants et avoir honte de ce que nous avons consommé, alors en avant le changement c’est maintenant.
    je pars de ce pas travailler car il est tard, oserez vous passer ce message ?

  2. Dario PESSIA on 2nd mai 2012 7:50

    Bravo pour cet article.
    Envoyez-le vite aux journalistes de ce soir pour qu’ils poussent les candidats sur ce thème… On ne sait jamais….

    Plus sérieusement, c’est en effet désolant de voir les francais aussi crédules, à écouter le chant des sirènes socialistes. Si c’est ce qu’ils veulent, je ne donne pas un an avant qu’il y ait une révolution en France.

  3. DANVOU on 2nd mai 2012 8:42

    J’ai très envie d’imprimer ce texte et de l’envoyer en chrono à nops 2 « candidats » avant leur discours de ce soir …….
    Parce que un peu d’intelligence dans les discours réveillerait peut être un peu l’intérêt des français pour la politique ….

  4. CERF National on 3rd mai 2012 10:40

    @Gueraud
    Merci de votre message.
    Au-delà d’une inquiétude, partagée par tous les chefs d’entreprises, nous ne pouvons souscrire à vos propos.
    Vous parlez de la fabrication de machines-outils, puis des pages 7 et 8 du programme du candidat que vous ne citez pas, mais dont nous comprenons qu’il s’agit de François Hollande. Malheureusement, et cela ne fait pas de ce que nous écrivons un prise de position partisane, il est difficile de voir dans les 6 points que vous citez autre chose que des déclarations d’intention pour au moins 4 d’entre elles, une cinquième étant dépendante de la volonté européenne qui est loin d’être acquise, la 6ème étant elle déjà mise en oeuvre (banque industrielle d’investissement, qui s’inspire d’ailleurs de propositions du Cerf). Aucune mesure véritablement concrète nous précisant comment il le met oeuvre : le contraire de ce que vous et moi faisons dans nos entreprises, car nous savons que des objectifs sans moyens correspondants (ici les décisions à prendre) ne serons jamais atteints. Mais surtout, les déclarations de campagne que vous auriez dû écouter vous auraient certainement interpellé : face à l’augmentation devenue incontestable du coût du travail, et donc la nécessité de le baisser, ce qui relève d’un changement de position assez important, FH propose de transférer les charges supportées par les salaires sur les machines… c’est à dire « vous savez ce qui sert à l’ouvrier pour usiner, travailler les matériaux et produire »… et ce, dans un contexte où les seules industries françaises encore compétitives sont les industrie fortement mécanisées, parce que les pays émergents achètent encore leurs machine au même prix que nous. Après avoir assisté à la disparition de l’industrie de main d’oeuvre, nous allons maintenant mettre en place les outils pour faire disparaître celle qui nous reste.

    Que vous souhaitiez du changement est louable, c’est d’ailleurs le sens de notre civilisation qui s’est construite sur le changement. Mais attention à la cohérence des propositions pour y parvenir.

    Un autre exemple, inspiré d’une proposition du Cerf. FH a proposé d’orienter l’épargne des Français vers l’investissement. Nous applaudissons des deux mains. Pour cela, il est prévu de doubler le plafond du LDD (le livret de développement durable que personne ne connaît et plafonné à 6 000 €). Avec un grande campagne de communication, on aurait pu espérer que cela marche (la proposition du Cerf préconisait de supprimer le plafond du Livret, et que tout ce qui était versé au-dessus de l’ancien plafond soit destiné au financement des TPE, PME et du développement local). Mais confronté à la nécessité de trouver de nouveaux financements pour soutenir une nouvelle proposition sur le logement, FH ne préconise-t-il pas de supprimer le plafond du Livret A ? Que croyez-vous qu’il arrivera ? A choisir entre un produit qu’ils connaissent et un qu’ils ne connaissent pas, les Français continueront donc d’alimenter le Livret A, « la solution d’épargne favorite des Français ». La seconde mesure, qui n’était pas prévue initialement, va simplement vampiriser la première. Quid alors du financement de nos entreprises ?
    Vous avez voulu venir sur ce terrain, continuons donc l’analyse : l’indexation des salaires sur la croissance en plus de l’inflation. Voilà une idée très jolie sur un programme électoral. Mais la croissance, vous le voyez tous les jours autour de vous, est la somme des performances de toutes les entreprises, celles qui vont bien et celles qui vont moins bien. Certaines croissent donc plus que la croissance moyenne, d’autres moins. Je pense que vous venez de comprendre que cette proposition accentuera les difficultés des entreprises les plus fragiles. Nous venons de voir apparaître une mesure sur le salaires qui ne sera autre chose que l’euthanasie des plus faibles !!!

    Ajouter à cela une prochaine augmentation du smic (en plus du coût des matières premières) et il y a de forte chance que l’explosion des défaillances d’entreprise de ce début 2012 ne fasse que s’amplifier et, avec elle, celle du chômage…

    Enfin, dernier point concernant ce candidat et finalement le plus important : sa volonté de réformer la Constitution pour donner plus de pouvoir aux syndicats (patronaux et salariés), c’est retirer toute chance de relancer la croissance. Aucun n’a vu la crise venir, aucun n’a lancé d’alerte sur la base des premiers signes, aucun n’est intervenu pour faire des propositions. Il a fallu l’intervention de l’Etat dans les relations entre privés (médiation du Crédit, une proposition du Cerf, étendue à la sous-traitance, également une proposition du Cerf) et mettre les syndicats et les Chambres de commerce au travail pour accompagner les entreprises en difficultés. Je ne m’étendrai pas sur l’attitude déplorable des états majors des syndicats de salariés pendant cette période, dénnonçant les accords passés sur le terrain par des syndicalistes qui cherchaient à sauver leurs entreprises et les emplois. Pour mémoire, les syndicats n’ont aucun mandat des Français, ne sont soumis à aucune évaluation de leur action, sans parler de leur efficacité. Les « constitutionnaliser », comme FH nous le propose, pose des problèmes qui touchent au fonctionnement de la démocratie, d’autant que salariés et patrons n’ont pas d’autre possibilité pour être représentés que d’adhérer aux organisations existantes, ce qui représente une violation de la liberté syndicale qui serait en plus renforcée constitutionnellement… Je vous invite à prendre connaissance de la tribune que le porte-parole du Cerf a co-signé avec Jean-Luc Touly, syndicaliste SUD, et Eric Verhaeghe, ancien représentant patronal MEDEF qui vous donnera quelques perspectives :

    Alors oui, je vous le confirme, nous défendons bien les TPE et PME et cette campagne est loin de nous avoir rassurés : l’héritage que vous évoquez est loin d’être protégé si le candidat que vous souhaitez voir élu ne change pas ces promesses s’il arrive à la Présidence de la République.

  5. Maître Artisan on 3rd mai 2012 11:26

    Je suis terrorisé à l’idée que Hollande puisse devenir le président de la France. Il draine tant d’idéologues « arriéristes » qu’il divise la France en deux AU SEIN MEME DES FAMILLES. Son incapacité à gérer se voit dans les compte de son département. Nous sommes les détenteurs su savoir -faire pourtant je n’embaucherai plus jamais, je n’investirai plus jamais ! Au contraire, dans les réunions paritaires, la défiance envers les porteur de la pensée trostskiste s’imposera, nous considérerons l’administration comme une police politique et l’éducation nationale comme une machine à endoctriner.

  6. heringuez on 3rd mai 2012 6:12

    J’ai beaucoup de mal à comprendre le cheminement de la pensée de M.GUERAUD qui oublie que pendant les années 80 l’idée que la France n’etait pas un pays industriel mais plutôt un pays de tourisme et de loisirs etait reprise systématiquement dans les discours , si bien que de nombreux parcs de loisirs ont eclos à ce moment là .J’ai moi-même reçu cette magnifique répartie d’un élu àuquel je critiquais vertement la Taxe professionnelle:  » mais Monsieur lancez-vous dans les loisirs! » . Suite à cela, nous avons vu emerger une piste de ski synthétique sur un terril . C’etait grandiose ! Par contre, aucune stratégie industrielle n’a été developpée, par exemple, pour aider les constructeurs de machines outils à investir dans la recherche tout numérique qui pendant ce temps s’accelerait en Allemagne et ailleurs alors qu’en France on investissait beaucoup dans le système social ce qui avait pour effet de saper la compétitivité de nos entreprises . On est même allé jusqu’à taxer lourdement l’outil de production y compris la machine outil .
    Concomitament, les syndicats marxistes de l’education nationale continuaient à deliter la formation de nos jeunes futurs professionnels (ils concoctaient les programmes). M.GUERAUD se réfère à l’histoire qu’il ne semble pas bien connaître mais peut-être est-il sous l’effet des programmes historiques politiquement corrects qui ne situent même plus Charles Martel et bien d’autres encore(sourire bien sur) .
    En tout état de cause , j’invite tous mes collègues chefs de PMI et PME à voter NS ce dimanche .

  7. gomet on 4th mai 2012 7:24

    Enfin , un vrai message clair avec une position claire . Les TPE et PME , vous savez , la première entreprise de France , et bien de gauche à droite on s’en fou : elle bosse , elle paye et surtout elle ferme sa gueule !!! suivant le resultat de dimanche , et suivant les orientations à suivre , il serait temps qu’on ouvre notre gueule , car , au fond , la gauche a vraiment besoin de nous .

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