Les FranA�ais sont prA?ts, mais les partenaires ? Vite la rA�forme !

18 juin, 2008 · Poster un commentaire 

Les deux organisations syndicales de salariA�s dites « majoritaires » ont appelA� A� la grA?ve le 17 juin.A� Avec le soutien que constituent les rA�centes dA�clarations du Medefa�� En cause, la rA�forme sur le temps de travail, qui vise A� assouplir, entreprise par entreprise, le contingent da��heures supplA�mentaires, et la rA�forme des retraites, qui prA�voit un allongement de la durA�e de cotisation. En rA�alitA�, il ne s’agit que de manA�uvres sur le terrain des parts du marchA� syndicala��

DA�noncA� par les syndicats dits « minoritaires », ce mouvement fait suite A� la��A�chec de la manifestation des fonctionnaires du 10 juin dernier. Au-delA� de la gA?ne occasionnA�e aux usagers-travailleurs-clients, cette journA�e met, une nouvelle fois, en lumiA?re le dA�calage qui existe entre les syndicats et ceux qua��ils prA�tendent « reprA�senter » faisant grandir le sentiment des FranA�ais de ne pas A?tre A�coutA�s.

En vA�ritA�, les FranA�ais souhaitent, dans leur majoritA�, avoir la possibilitA� de A� travailler plus pour gagner plus A�. Et les premiers bA�nA�ficiaires du dispositif sur les heures supplA�mentaires, les salariA�s des TPE toujours A� 39 heures – oubliA�s des syndicats – ont vu leur revenu augmenter, sans avoir A� travailler plus. Pire, les postures des partenaires sociaux, sous couvert de dA�fense du dialogue social, empA?chent aujourd’hui plusieurs millions de travailleurs de voir une amA�lioration de leur bulletin de salaire, ce que permettrait pourtant la rA�forme annoncA�e par le Premier Ministre et dont le Cerf est l’initiateur. Il faudra d’ailleurs aller plus loin et mettre en A�uvre la baisse du coA�t du travail promise par le PrA�sident de la RA�publique en supprimant les charges patronales sur les heures supplA�mentaires.

Sa��agissant des retraites, les FranA�ais ont admis que la durA�e de vie sa��allongeant, il na��existait pas da��autres solutions que da��augmenter la durA�e de cotisation pour financer le systA?me existant. Tous les autres pays d’Europe ont dA�jA� arbitrA� dans ce sens. Les Japonais, deuxiA?me puissance A�conomique au monde, travaillent au-delA� de 70 ans, les SuA�dois A�galement.

Sur le fond, les FranA�ais sont de moins en moins dupes de l’intA�rA?t que leur portent des partenaires sociaux qualifiA�s A� juste titre « d’A�cran de fumA�e » par Xavier Darcos. Et le Premier Ministre, en plus de tenir ses engagements, rA�pond aux demandes du Cerf, quand il fixe des objectifs aux partenaires sociaux, puis quand il prend des dispositions quand ceux-ci ne les atteignent pas !

Coupables da��un manque de rA�alisme et de pragmatisme, exonA�rA�s de responsabilitA�s sur les actions qu’ils mA?nent et les postures qu’ils prennent, les « partenaires », patronat compris, ne dA�fendent les intA�rA?ts ni des entreprises, ni des salariA�s. Ils brassent beaucoup d’argent. Au profit de qui ? La voiture de fonction d’un Bernard Thibault reprA�sente une dA�pense lA�gale, que la trA?s grande majoritA� des patrons ne peut se permettrea��

Le Cerf appelle donc A� la crA�ation da��une autoritA� indA�pendante chargA�e d’A�valuer les propositions sorties des boA�tes A� idA�es que devraient A?tre les syndicats, afin de sortir de la dA�fense d’intA�rA?ts trop souvent corporatistes ou idA�ologiques ! Pour parvenir, enfin, A� un syndicalisme de progrA?sa��

Les organisations syndicales de salariA�s comme de patrons seraient alors contraintes de mettre en A�uvre la dA�mocratie sociale, en commenA�ant au sein de leurs propres appareils : permettre l’A�mergence de courants et d’idA�es, permettre leur expression, garantir A� tous une reprA�sentation effectivea�� assurer A� tous la possibilitA� de s’exprimer, mais assurer A� tous qu’on ne puisse imposer n’importe quoi A� la majoritA�. La mise en place absurde des 35 heures de Madame Aubry devrait nous avoir tous vaccinA�s contre l’aveuglement !

Patronat : Quel patronat ?

5 mars, 2008 · Poster un commentaire 

A l’heure de la tourmente qui agite les organisations patronales, certains de leurs dirigeants semblent s’inquiA�ter aujourd’hui de l’effet sur la reprA�sentativitA� de mandats distribuA�s dans des proportions effarantes, quand les autres, toujours pris dans les mA�andres du systA?me qui n’en peut plus d’exploser, prA�tendent au leadership pour les nA�gociations des rA�formes A� venir, sans avoir fait le mA�nage chez eux..

Depuis des annA�es, le Cerf demande une reprA�sentation effective, dans laquelle les patrons se reconnaA�traient, A� leur image donc. Le spectacle qui nous est encore donnA� aujourd’hui, s’il met en cause des dirigeants, comme dans toutes les affaires de parachutes dorA�s et autres naufrages de grandes entreprises, il s’agit toujours d’hommes de pouvoir qui n’ont jamais A�tA� patron ! C’est pourtant sur ces derniers que, toujours, l’opprobre est jetA�e, ruinant l’image du patronat rA�el, nulle part entendu, sans reprA�sentation officiellement reconnue, jamais autour de la table des nA�gociations.

Mme Parisot, devant les annonces successives de mises en examen, puis des sommes concernA�es, n’avait d’autre choix que de prendre la position qui est la sienne aujourd’hui. L’attitude de la CGPME n’est pas plus A�tonnante qu’elle n’est anodine, consistant A� se positionner pour tenter de rA�cupA�rer le gA?teau de la formation professionnelle. elle qui refuse A� ses propres adhA�rents toute rA�ponse sur ses comptes. LA� aussi, la justice est enclenchA�e.

Tout cela, pourtant, fait suite A� l’A�chec de la rA�forme initiA�e par le Cerf sur les 35 heures et les heures supplA�mentaire, sur le volet de la hausse du pouvoir d’achat et de la baisse du coA�t du travail. Echec dont les actuels partenaires sociaux sont responsables, entravant alors la volontA� de rA�forme du PrA�sident nouvellement installA�. Le pouvoir en place ne pouvait accepter cela. Il a dA�cidA� de mettre un terme A� une capacitA� de nuisance que la France n’est plus en mesure de tolA�rer.

Il faut donc maintenant aller au bout des choses et remettre chacun A� sa place. Une place qui ne peut A?tre dA�cidA�e et figA�e par la loi, comme c’est le cas depuis la seconde guerre mondiale, pour des raisons lA�gitimes alors, mais qui a conduit, tant chez les salariA�s, que chez les patrons, A� l’A�viction des plus nombreux de toutes les instances dirigeantes. A des fins de pouvoir et de jeux politiques.

La rA�forme de la reprA�sentativitA� et du financement des organisations syndicales (« patrons » et salariA�es) est au coeur du redressement de notre A�conomie. Mais elle ne peut se faire avec les tenants de l’ancien systA?me, ni avec des organisations qui en sont les hA�ritiA?res et occupent une position dominante entretenue artificiellement. L’urgence consiste A� la naissance d’une reprA�sentation qui repose sur un systA?me : une entreprise = une voix. Une rA�volution libA�rale en somme ! et pour laquelle le Cerf est prA?t A� jouer pleinement son rA?le.

35 HEURES : VERS L’ECHEC DE LA REFORME ?

9 juillet, 2007 · Poster un commentaire 

En lanA�ant la proposition de dA�taxation et de dA�fiscalisation des heures « supplA�mentaires », les CrA�ateurs entendaient apporter des solutions A� des problA?mes essentiels sur les plans A�conomique et social.

Il en A�tait ainsi du pouvoir d’achat (par l’augmentation des revenus et la baisse des prix), de l’amA�lioration de la compA�titivitA� du travail et donc de l’emploi en France (par la baisse de son coA�t), de l’amA�lioration de la situation A�conomique des entreprises (par le soutien A� la consommation) qui aurait permis de dA�gager la trA�sorerie nA�cessaire aux plus petites entreprises pour exister, investir, se dA�velopper et crA�er des emplois.

La mesure prA�conisA�e par les CrA�ateurs avait pour vocation, de faA�on simple, et sans lA�ser aucune des parties, de ramener le coA�t du travail A� ce qu’il A�tait avant la mise en place des 35 heures, sans toucher fondamentalement A� la durA�e lA�gale du travail.

Les consA�quences A�taient multiples : la hausse du revenu du travail et du pouvoir d’achat, l’impact positif sur l’activitA� et la croissance par la baisse du coA�t du travail ; l’entreprise regagnait en compA�titivitA�.

IncompA�tence, indiffA�rence ou sabotage ? Les partenaires sociaux, interrogA�s par le PrA�sident de la RA�publique, sont restA�s sur leurs schA�mas habituels, incapables d’apporter une expertise reposant sur une A�valuation sA�rieuse. Ils n’ont donc pas apportA� les modifications essentielles, nA�cessaires au succA?s d’une mesure plA�biscitA�e lors de l’A�lection prA�sidentielle. Pire, leur intervention l’a finalement rendue illisible et compliquA�e. Le coA�t du travail n’a pas baissA� : il n’y a donc pas de gain de compA�titivitA�, donc pas d’effet positif sur l’A�conomie et l’emploi. Ce seront les raisons de son A�chec.

On peut dA?s lors se demander si les partenaires sociaux, au lendemain d’une A�lection prA�sidentielle qui a inquiA�tA� nombre de pouvoirs instituA�s, ne souhaitaient pas, tout simplement, faire la dA�monstration subtile de leur force en affaiblissant le chef de l’Etat qui leur prA�sentait une mesure dont aucun d’entre eux n’A�tait A� l’origine.

Si l’A�tude du texte est aujourd’hui trA?s avancA�e, il n’est cependant pas trop tard pour y apporter les corrections qui lui permettront d’actionner efficacement tous les leviers qu’elle porte en elle. Et si la communication semble difficile A� gA�rer sur ce thA?me, nous savons que la volontA� et le courage, affichA�s rA�guliA?rement, ne devraient pas manquer au Gouvernement pour donner toutes ses chances au projet sur lequel repose le programme prA�sidentiel et donc, sa rA�ussite A� tenir ses engagements.

Car il en va du devenir d’une autre mesure, A� l’A�tude elle, et qui sera impactA�e nA�gativement si la rA�forme des 35 heures devait se faire en l’A�tat. Car pour la TVA sociale, le volet compA�titivitA� des entreprises sera A�videmment annulA� par des heures supplA�mentaires A� 25% sans compensation possible !

Le Cerf demande donc la remise A� plat de ce dispositif, dans l’esprit qui avait prA�sidA� A� son A�laboration, en associant les partenaires sociaux, mais sans leur laisser la conclusion dans un dossier qu’ils estimaient clos sur le plan lA�gislatif depuis plusieurs annA�es, dA�montrant par lA� mA?me la limite de leur reprA�sentativitA� et de leur comprA�hension des problA?mes auxquels salariA�s et patrons sont confrontA�s.