Présidentielle : pour un big bang social !

1 mai, 2012 · Poster un commentaire 

Un syndicaliste salarié, un ancien responsable patronal du medef et le porte-parole du Cerf co-signent une tribune pour une réforme de la représentation des salariés et des entreprises au service de l’intérêt général.

L’insatisfaction collective vis-à-vis de la démocratie sociale explique en grande partie le résultat du premier tour de l’élection présidentielle. Et les déclarations tonitruantes de Nicolas Sarkozy sur «les corps intermédiaires», autant que les appels de François Hollande à renforcer le dialogue entre les «partenaires sociaux», ne sont que la traduction du sentiment des Français que quelque chose ne tourne pas rond dans la société française.

Mais personne ne semble avoir pris conscience que nombre de réformes demandées par les Français portent sur des domaines qui souffrent de plus en plus de dysfonctionnement, sont frappées de toujours plus de scandales (formation professionnelle, 1% logement, complémentaires santé obligatoires, caisse de congés du bâtiment, CE, CCI…), et ont pour dénominateur commun les partenaires sociaux qui en ont la charge. Partenaires sociaux qui, en plus de ne recevoir aucun mandat réel des Français pour prendre des décisions qui s’imposent à tous, ne sont soumis à aucun contrôle, ni à aucune évaluation de leur action : que ce soit sur le plan des alertes, des analyses ou des solutions proposées et mises en œuvre.

Contrairement à la politique, les élections professionnelles n’agissent jamais en sanctions correctrices des égarements, mais visent seulement à réajuster la distribution des subsides publics en fonction des résultats obtenus… Il faut donc bien chercher dans l’inutilité de ces élections les raisons profondes qui conduisent les Français à ne pas y participer. La syndicalisation ne cesse de diminuer, et les salariés perçoivent leur solitude et la surdité du politique comme une situation insupportable dont ils souhaitent sortir.

Passer au big bang

Une remise à plat de la gouvernance sociale est une condition nécessaire pour rendre aux entreprises et aux salariés la voix dont ils sont spoliés, à la croissance les fondements sur lesquelles s’ériger. Ce big bang social doit passer par trois étapes décisives.

Premièrement, il faut régler le problème de la représentativité patronale sur un paradigme plus ambitieux que celui de la représentation salariale. L’élection doit être le fondement de la représentativité. Certes. Mais des entreprises, pas des organisations.

Cela implique de simplifier le paysage patronal en formalisant une Chambre économique regroupant l’ensemble des institutions existantes, chambres consulaires et ordres professionnels, composée d’élus au suffrage universel proportionnel. Elle seule serait représentative. Il en résulterait une parole patronale démocratique, unifiée, enracinée sur des fondements clairs. Cette solution offre l’avantage d’avoir le Préfet pour tutelle et d’être contrôlée par les élus eux-mêmes et la Cour des Comptes.

Cette Chambre aurait des déclinaisons territoriales destinées à donner une cohérence à l’expression locale des entreprises. Sa vocation serait de représenter l’ensemble des entreprises, dans la diversité de leurs activités et de leurs points de vue, dans l’originalité de leurs contributions et, chaque fois que nécessaire, d’organiser la médiation.

Ce modèle répondrait au souhait du Medef d’une représentation patronale unique, tout en respectant celui de la CGPME, des branches et des alternatifs, de ne pas être dissoute pour la première, inféodés pour les autres. Il permettrait, en cas de défaillance d’un ou plusieurs acteurs, l’émergence de nouvelles voix. Il aurait l’avantage également pour les pouvoir publics de proposer un interlocuteur dont la représentativité tirée du scrutin universel serait incontestable.

Deuxièmement, comme pour les chefs d’entreprise, la représentation des salariés doit être le résultat de la désignation démocratique de leurs représentants dans des institutions transparentes et indépendantes. Le modèle proposé doit donc être étendu à la représentation des salariés. Et l’on pourrait s’inspirer pour cela du modèle des Chambres d’agriculture ou agriculteurs et salariés siègent ensemble.

Troisièmement, il faut régler de façon définitive la question des sources de financement des organisations syndicales. Le lien de dépendance entre fonds paritaires et subsistance des organisations biaise fondamentalement toute représentation et tentative de réformer pour permettre au système de gagner en efficacité.

L’état de la formation professionnelle en est la preuve. Les organisations syndicales qui vivent des fonds de la formation, CGPME en tête, sont autant de forces de blocage dans une réforme de plus en plus cruciale pour notre économie.

Les financements affectés aux missions paritaires, celles-ci n’étant plus assumées par les syndicats (sauf au niveau des branches) mais par les instances représentatives, seront affectés à ces dernières.

Cette refondation apporterait une nouvelle dynamique au dialogue social et aurait le mérite de sortir enfin la représentation des entreprises et des salariés de ses habits éculés, hérités de la Libération, qui ne correspondent plus à aucune réalité économique mais font le lit du populisme que les uns et les autres disent vouloir combattre. Les politiques peuvent contribuer, plus que jamais à la reconstruction de cette légitimité.

Lire sur le site Atlantico.fr…

Jean-Luc Touly, 58 ans, syndicaliste chez Veolia Eau, juge prudhomal, co-auteur de L’argent noir des syndicats.

Eric Verhaeghe, 45 ans, énarque, chef d’entreprise, ancien directeur des Affaires sociales de la Fédération Française des Sociétés d’Assurance, a démissionné de tous ses mandats patronaux dont la présidence de l’APEC, avant de quitter le Medef. Auteur de Jusqu’ici tout va bien, Au cœur du medef et Faut-il quitter la France ?
Hervé Lambel, 47 ans, chef d’entreprise, ancien membre de la CGPME, porte-parole et co-fondateur du Cerf, première organisation patronale alternative, représentant les Très Petites Entreprises. A l’origine de la réforme des heures supplémentaire et des premières alertes sur la crise de 2008 et des solutions à y apporter. Le Cerf compte des élus dans les CCI, aux Prud’hommes et dans les Tribunaux de commerce.

Retour sur la Saison 1 de «Révélations»

31 décembre, 2011 · Poster un commentaire 

Collection Le brame du Cerf. Syndicats et financement.

Le premier feuilleton à scandales sur Twitter, ou l’histoire d’une contre-réaction citoyenne à l’enterrement du Rapport Perruchot sur le financement des syndicats.

Une série où il n’est jamais question de rumeurs, mais bien de faits réels. Toute ressemblance avec des organisations, des institutions, des lieux et des personnages réels ou ayant existés résulte de la reproduction strictement exacte de faits vérifiables et publics, « cachés » par une masse d’informations jusque ici plus importantes. Les circonstances, ayant conduit à « l’escamotage » du Rapport Perruchot par le vote parlementaire contre son adoption le 30 novembre 2011, rendent propice leur compilation et mise en perspective en vue de nourrir le débat public. Non contre le syndicalisme, mais pour plus de transparence et d’efficacité au profit des entreprises et des salariés, au service de la démocratie et, in fine, de l’intérêt général. C’est-à-dire, ce que sont sensées servir les organisations dites représentatives…

Si vous avez raté un épisode, nous vous offrons l’intégrale de la Saison 1 pour la fin d’année !

Episode 1 – 4 décembre 2011
- Révélation n°1 : une commission enquête sur le financement des syndicats. Y-aurait-il un syndicaliste dans la commission ?
- Révélation n°1 (suite) : Lionel Tardy, ancien Président de la CGPME 74, membre du CA de la CGPME 74 et…
- Révélation n°1 (suite) : Lionel Tardy, Président de l’Amicale Parlementaire des PME, l’organe d’influence de la CGPME à l’Assemblée…
- Révélation n°1 (fin) : Lionel Tardy, « le traître qui twitte et qui l’assume », est pris en « flagrant délit » de conflit d’intérêt !

Episode 2 – 8 décembre 2011
- Révélation 2 – On parle d’exemples précis, une campagne de pub à 812 000 euros payée par qui ? – L’Est Républicain – http://bit.ly/tkvNwl
- Révélation 2bis  – Financement des syndicats, actu, pub radio CGPME financée avec les fonds de la formation professionnelle. Budget : 812 000€

Episode 3 – 10 décembre 2011
- Révélation 3 – CCI Metz, 252K€ de subventions aux Associations de commerçants, normal ? Elles ont soutenu l’élection du président, normal !…

Episode 4 – 12 décembre 2011
- Révélation 4 – AGEFOS, fonds publics, sponsor de la CGPME, normal ? CGPME au conseil d’administration d’AGEFOS, normal !… A demain R5…

Episode 5 – 13 décembre 2011
- Révélation 5 - CCIP, fonds publics, sponsor de la CGPME, normal ? CGPME préside la CCIP, normal !…

Episode 6 – 14 décembre 2011
- Révélation 6 – CCI : un accès à des moyens importants qui justifient bien de tricher et se faire la guerre… http://goo.gl/Rhyih
- Révélation 6bis … avant de se réconcilier http://goo.gl/kPAaw pour servir l’intérêt général ou pacifier le partage du gâteau ?

Episode 7 – 15 décembre 2011
- Révélation 7 – CCI Montpellier, une exception 2010-2011 ou une vieille habitude ? http://goo.gl/mqWgo

Episode 8 – 16 décembre 2011
- Révélation8 -  La CGPME affirmait avoir géré « sainement » la CCI de Lyon : http://goo.gl/JY78n
- Révélation8 bis …les juges ont manifestement pensé le contraire : http://goo.gl/KLey9
Révélation8 ter …et l’enquête sur le tramway de Lyon se poursuit : http://goo.gl/sGXq0

Ne ratez pas la saison 2 !
et la première révélation nominative de conflit d’intérêt de 2012…
Dès le 3 janvier 2012 sur twitter @HerveLambel

Financement des syndicats – Révélation n°1

6 décembre, 2011 · 12 commentaires 

La Commission était « noyautée »

Alors que les Français commencent à découvrir avec stupeur une petite partie des sommes allouées aux syndicats français, ils sont en même temps effarés d’apprendre que les parlementaires ont rejeté le rapport que la commission d’enquête devait nous révéler ces jours-ci.

Ils ont d’autant plus raison que le candidat François Hollande a justement lancé sa campagne sur le thème de la démocratie sociale qu’il souhaite renforcer en donnant plus de pouvoir aux syndicats grâce à une réforme constitutionnelle.

Donner plus de pouvoir à des organisations dont on se refuse à contrôler le financement est choquant, et permet de s’inquiéter pour la démocratie et le devenir de la République.

Par chance, le journal Le Figaro a commencé à faire fuiter le dossier promis aux oubliettes.

Par chance, car les choses avaient mal commencé : lorsque Nicolas Perruchot demande la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le financement des syndicats au motif que les syndicats comptent toujours moins d’adhérents, mais toujours plus de ressources, jamais les organisations patronales et de salariés n’ont été aussi unanimes. A les entendre c’était un scandale ! Le lobby syndical était en marche pour faire avorter la tentative visant à mettre un peu de lumière sur un monde qui aime à faire parler de lui, mais reste très discret sur son fonctionnement. Vous avez dit transparence ?

L’article du Figaro commence à donner un aperçu de la puissance, et donc de la capacité d’influence des syndicats. La seule CGT compterait entre 25 000 et 30 000 « filiales »… au plan local ou national, liées aux diverses collectivités, administrations ou entreprises publiques et privées… La Commission évaluerait à 4 milliards les sommes allouées aux syndicats hors cotisations des adhérents. La puissance du lobby syndical est donc monumentale et dépasse de loin le pouvoir des élus de la République pour qui il reste difficile d’appréhender la complexité de la nébuleuse syndicale.

Au point de ne même pas se rendre compte que la Commission d’enquête qu’ils ont voulue, était elle-même « noyautée ». Là comme ailleurs, les conflits d’intérêts des syndicats trouvent à s’exprimer. Y-avait-il donc un syndicaliste dans la Commission d’enquête ? Non ? Impossible !

Au jeu de l’arroseur arrosé, le Député de Haute Savoie, Lionel Tardy, qui se définit lui-même comme « le traître qui twitte et qui l’assume » au nom de la transparence, dénonçait il y a un an les conflits d’intérêts dans un billet intitulé « Député ou avocat, il faut choisir ». Et pourtant, Lionel Tardy, ancien président de la CGPME 74, en est toujours membre du conseil d’administration, et, surtout, co-préside l’Amicale parlementaire des PME, l’organe d’influence de la CGPME au sein du Parlement…. et siège dans ladite commission. Tout le monde connaît ce député dans le monde syndical, et personne n’a rien dit. La réalité, c’est qu’à tous les niveaux et par tous les moyens, le lobby des syndicats s’est mobilisé pour faire obstruction à ce rapport.

« Si rien d’illégal ne peut être reproché à qui que ce soit, les députés qui pratiquent [le] mélange des genres se trouvent placés dans une situation de conflit d’intérêt qui est profondément malsaine ! […]L’exercice d’un mandat politique implique une déontologie irréprochable.
Aucun élu ne doit pouvoir être suspecté de favoriser des intérêts privés au détriment de l’intérêt général. »

Dont acte ! il ne fait aucun doute que l’auteur de ces mots agira en conséquence.

En attendant, le Cerf continuera ses révélations dans les jours qui suivent, suivez les en direct sur notre page Facebook ou sur twitter @HerveLambel 

Réforme des syndicats : un système à bout de souffle mais un débat interdit…

4 décembre, 2011 · Poster un commentaire 

Lire la tribune  d’Hervé Lambel sur le site atlantico.fr

Mobilisation contre la réforme des retraites : des syndicats une nouvelle fois hors sujet

24 juin, 2010 · Poster un commentaire 

L’intersyndicale – CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa, CFTC – appelle aujourd’hui à une mobilisation contre la réforme des retraites. Premières conséquences : des arrêts de travail et manifestations, des perturbations dans les transports, des écoles fermées, des services publics au ralenti. Le Cerf déplore que des syndicats démontrent à nouveau leur irresponsabilité en bloquant encore l’économie : « Ces grèves fragilisent toujours plus les entreprises et en particulier les très petites, alors que nous sommes toujours dans une crise profonde », s’insurge Hervé Lambel, porte-parole du Cerf, « Ceux qui cessent le travail ont un salaire garanti, ce n’est pas le cas des patrons indépendants qui doivent travailler et créer des richesses pour espérer percevoir un revenu et garantir les salaires et les emplois de leurs équipes ».

Le Cerf déplore que les syndicats soient arcboutés sur des postures idéologiques et l’utopie de la retraite à 60 ans, et refusent de dire la vérité aux Français : « Au lieu de produire une connaissance utile, les syndicats manipulent l’information pour tromper l’opinion » regrette Hervé Lambel, « Alors qu’il faut trouver de l’argent pour financer les retraites mais aussi l’assurance maladie et la dépendance, l’indemnisation des chômeurs, la construction de logements…, les syndicats disent : « Les riches paieront » et se gardent bien de dire aux Français que dans les pays européens qui entourent la France, l’âge légal de départ à la retraite est à 65 ans ! « .

Enfin, le Cerf rappelle que les syndicats n’ont aucune légitimité réelle à remettre en cause la réforme des retraites présentée par Eric Woerth. En effet, les leaders qui sont en tête de cortège n’ont pas été élus au suffrage universel à l’instar du président de la République et des parlementaires, seuls véritables représentants du peuple : à la rentrée, majorité et opposition seront appelés à débattre du texte et à l’amender. « Nous assistons aujourd’hui à une grande opération de lobbying visant à politiser le débat et donc à instrumentaliser la classe politique », regrette Hervé Lambel, « Il n’appartient pas à la rue, manipulée par des leaders syndicaux si peu représentatifs, de déterminer et de conduire la politique de la France, mais bien à nos représentants réels de faire les choix et de mener les actions dans l’intérêt général des Français ».

Je vote contre la manipulation des Français et des élus

Coup de tonnerre sur la représentativité patronale

16 juin, 2010 · Poster un commentaire 

Après les patrons eux-mêmes, c’est au tour des organisations de salariés, soumises à des règles de mesure de représentativité plus strictes, de remettre en cause la représentativité patronale. Coup sur coup, à une semaine d’intervalle, le leader de la CFDT a par deux fois remis en cause la représentativité du Medef et de la CGPME, en considérant qu’ils n’ont jamais fait la démonstration qu’ils sont représentatifs des patrons des TPE. S’il a raison sur ce point, François Chérèque se trompe quand il considère que l’Union Professionnelle Artisanale (UPA) peut parler au nom de toutes les TPE ; un grand nombre d’entre elles ne relevant pas de son champ d’activité. Il a néanmoins réclamé devant le ministre du Travail, Eric Woerth, « une loi sur la représentativité patronale ». Et est depuis monté d’un cran, parlant dorénavant « d’exigence ».

Le gouvernement aurait tort de ne pas prêter attention au signal que lui adressent les organisations de salariés et les chefs d’entreprise sur la légitimité de leurs interlocuteurs patronaux, pour les premiers, de leurs représentants pour les seconds, à signer et donc imposer leurs décisions à l’ensemble du patronat. Le Cerf avait d’ailleurs déjà alerté le législateur sur la nécessité d’organiser la représentation patronale avant toute négociation d’importance. Puisque le projet de loi sur le dialogue social dans les TPE adopté au Sénat comporte un volet sur la mesure de la représentativité syndicale, le Cerf propose de s’y conformer, côté patronal, à l’occasion des prochaines élections aux Chambres de commerce et d’industrie et des élections aux Chambres des Métiers. Cela présuppose alors la généralisation du scrutin à la proportionnelle dans toutes les élections consulaires pour entendre enfin la voix des chefs d’entreprises et évaluer le poids de chaque organisation patronale. Au final, il ne s’agit de rien moins qu’un enjeu démocratique et de bon fonctionnement de nos institutions : quel républicain s’y opposera ?

Je vote pour des élections CCI et CMA à la proportionnelle

Comment l’Etat et les syndicats mettent la pression sur les entreprises

3 mai, 2010 · Poster un commentaire 

Après les patrons et les actionnaires, les agences de notation sont les nouveaux bouc-émissaires de Bernard Thibault. Pour mieux cacher l’incapacité syndicale à alerter sur la crise financière et y apporter des solutions sérieuses ? Interrogé sur le cas de la Grèce, le leader de la CGT en a profité pour expliquer que « nous sommes sous la pression de ces agences (…). C’est évident que la France doit comme d’autres pays en ce moment donner des gages [sur la gestion des dépenses publiques (ndlr)] et le chantier des retraites » y participe, « parce qu’il n’y a pas une urgence manifeste éminente sur le financement des retraites. »

Comment ne pas s’interroger sur la responsabilité des syndicats dont le rôle est de faire remonter l’information du terrain et donc de contribuer à la prise de décision des politiques ? Il y a deux ans, en effet, ces mêmes syndicats auraient dû alerter sur la crise, faire des propositions pour l’amortir. François Chérèque a préféré nous expliquer que la hausse du chômage, un phénomène pourtant mondial à l’époque, était due à la réforme des heures supplémentaires !!! Bernard Thibault ne l’a pas contredit… L’autre combat du moment était la lutte pour le paiement d’une prime transport… Tous nous expliquant après, que la crise, bien sûr, c’est les autres. Et de ne surtout pas s’inquiéter du nombre toujours plus faible de leurs adhérents : normal, les ressources des syndicats, tirées des prélèvements obligatoires, continuent, elles, d’augmenter.

Alors, la France sous la pression des agences ou les chiffres sont-ils simplement alarmants ? La dette publique a atteint 78% du PIB fin 2009 – près de 1500 milliards d’euros – contre 64% deux ans plus tôt. Les prévisions pour 2010 tablent sur plus de 84% du PIB. Si la France doit absolument réduire drastiquement son endettement, ce n’est pas tant pour éviter de voir sa note triple A dégradée par ces mêmes agences de notation comme le pense Bernard Thibault : en réalité, l’exécutif a le devoir de réduire ses dépenses publiques pour pouvoir baisser la pression sociale et fiscale qui étouffe l’appareil de production et empêche la création d’emplois. En effet, un Etat qui ne maîtrise pas sa dépense, en fait nécessairement porter le poids aux entreprises (employeurs et salariés) et aux ménages, et si cette dépense publique progresse plus vite que l’accroissement des richesses produites, alors l’Etat appauvrit ceux qui travaillent. Pire, cet Etat est alors obligé d’augmenter les prélèvements obligatoires et ponctionne ceux qui investissent dans l’avenir : le tissu des TPE.

La pression vient-elle donc des agences, ou Bernard Thibault participe-t-il avec les autres leaders syndicaux à cette pression constante sur l’appareil de production : une pression directe du fait de revendications déconnectées des réalités économiques et une pression indirecte, en incitant l’Etat à dépenser toujours plus pour compenser la casse sociale qu’ils ont eux-mêmes créé sans se soucier des déficits ? Ainsi, alors que la France devait faire face à la plus grave récession depuis la guerre, décimant les entreprises et les emplois, ces syndicats défilaient il y a un an pour des augmentations de salaires. Désormais, ils incitent le gouvernement à indemniser les chômeurs en fin de droits, au lieu de demander une baisse du coût du travail pour favoriser leur embauche. Bref, au lieu de viser l’activité et la bonne santé des entreprises, en particulier des TPE qui créent des emplois, l’action des syndicats contribue à les fragiliser, donc à inciter celles qui le peuvent à délocaliser, d’autres à limiter les embauches et les investissements en France, les autres disparaissant purement et simplement. Le syndicalisme salarié, tel qu’il se pratique encore, et seulement, en France, n’a malheureusement toujours pas compris que jouer à la lutte des classes en visant les patrons, c’était en réalité s’attaquer aux entreprises et en premier lieu à ceux qui y travaillent : les salariés.

C’est pourquoi le Cerf réclame une réforme de la représentativité qui garantisse la représentation de tous les salariés au sein d’instances indépendantes élues au suffrage universel.

Je vote pour une représentation responsable et représentative

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