Défaillances d’entreprises : des banques responsables et coupables

7 juillet, 2010 · Poster un commentaire 

« Le niveau des défaillances reste encore très important et bien supérieur à celui d’avant-crise », constate Thierry Millon, responsable des analyses chez Altares. En six mois, plus de 30 000 entreprises sont passées devant les tribunaux. Si Altares table sur une stabilisation des défaillances en 2010, à plus de 64 000 entreprises en redressement judiciaire, Euler Hermes, de son côté, anticipe encore une hausse de 2% par rapport à 2009. « L’augmentation des défaillances est certes moins forte, mais elle reste une réalité. La lutte contre les défaillances doit faire partie des priorités du gouvernement », insiste Hervé Lambel, porte-parole du Cerf, « en effet, à chaque TPE qui ferme, c’est en moyenne quatre emplois qui sont sacrifiés. C’est donc de l’activité irrémédiablement détruite, qui manque pour soutenir la relance. Et ce sont des recettes sociales et fiscales futures qui disparaissent à jamais.  »

La chef économiste d’Euler Hermes, Karine Berger, considère que la situation des entreprises demeure fragile, notamment parce que « les banques ne distribuent pas assez de crédit. Les entreprises ne profitent donc pas du bas niveau des taux d’intérêt ». L’économiste confirme ainsi une fois de plus notre diagnostic. Or, le Cerf n’a eu de cesse d’alerter l’exécutif et le législateur sur les effets du resserrement du crédit et les pratiques bancaires sur l’économie : sans liquidités, pas de consommation des entreprises. Les carnets de commandes restent donc vides. De la « rilance » chère à Christine Lagarde, les TPE-PME risquent de ne voir que  la rigueur qui mine la demande, sans la relance. Pour Karine berger, les plans de réduction de déficits mis en place dans les grands pays de l’UE expliquent en partie pourquoi « seule la zone euro devra faire face à plus de faillites cette année. »

Le Cerf fait donc également campagne contre les frais bancaires abusifs, système qui génère un effet d’amplification de la crise : tant que les besoins de trésorerie ne sont pas couverts, les frais bancaires s’accumulent et grèvent les marges des entreprises, réduisant d’autant leur pouvoir d’achat. Notre pétition contre les abus bancaires a recueilli plus de 6000 signatures, confirmant la nécessité d’agir sur ce terrain. Le Cerf attend maintenant les conclusions du rapport sur les frais bancaires de Georges Pauget et Emmanuel Constans qui sera remis à Christine Lagarde le 8 juillet prochain. Les auteurs ne sauraient se contenter de traiter uniquement des frais bancaires facturés aux consommateurs… Le Cerf attend surtout les mesures qui devront être prises rapidement par le Ministre de l’Economie comme l’instauration d’un droit au crédit opposable proposé par le Cerf et un encadrement des Commissions interbancaires de paiement facturées aux commerçants réclamé par le député Richard Maillé. Le Cerf, malheureusement peu suivi par les autres organisations patronales, répète encore et toujours que la baisse drastique des défaillances et la relance passeront par un retour des banques à leur métier originel : le financement de l’économie réelle.

Je confirme : le financement des entreprises par les banques reste un problème majeur