Stress des patrons : enfin reconnu ?

2 juillet, 2010 · Poster un commentaire 

Depuis plusieurs années, le Cerf alerte les pouvoirs publics sur le stress subi par les patrons. Aujourd’hui, pour la première fois, une étude TNS Sofres mesure sa réalité. Pour enfin prendre la mesure de son impact destructeur sur l’économie et l’emploi ?

Une majorité de patrons (63%) se dit stressée selon le baromètre TNS Sofres des TPE-PME : 88% d’entre eux souffrent d’insomnies, 87% d’angoisses, 77% de fatigue et 76% ont des problèmes de santé. Parmi les sources de stress, 64% citent l’évolution du carnet de commande ; 59% la situation de la trésorerie, 54% la charge de travail… Les causes du stress, rarement isolées, sont bien souvent cumulatives et directement liées à l’exploitation de leur entreprise. Dès 2006, le Cerf abordait cette question dans son manifeste « Les créateurs pour la France » : « C’est sur ses patrons que la France, gaspilleuse des deniers publics, a transféré sa charge. » Des patrons « pieds et mains liés, (ai??i??) par les contraintes financières, administratives et réglementaires, qui pèsent arbitrairement sur leur entreprise ». Le 18 février dernier, le Cerf rappelait que les patrons doivent « faire toujours plus de chiffre pour faire face à des échéances sociales et fiscales toujours plus lourdes, imposées par les nouveaux maîtres des forges », peu soucieux du faible revenu desdits patrons.

La profonde connaissance des problèmes quotidiens et de long terme rencontrés par les entreprises permet au Cerf de jouer son rôle d’alerte auprès des pouvoirs publics. Comment expliquer en revanche que jusqu’à ce jour, aucune autre organisation patronale ne se soit souciée de cette question pourtant cruciale pour l’équilibre de notre économie et de notre société ? Aujourd’hui le Cerf se réjouit de voir que d’autres s’emparent de cette question : « Il s’agit d’une avancée nécessaire pour une prise de conscience, mais pas suffisante si aucune solution n’est apportée », avertit Hervé Lambel, porte-parole. Le Cerf préconise depuis longtemps un plan d’action pour baisser le stress au travail :
- Allègement de la pression sociale et fiscale en transférant notamment sur la consommation une partie des charges qui pèsent sur le travail ;
- Simplification administrative afin de réduire le temps consacré à des tâches qui ne créent pas de valeur ;
- Accompagnement personnalisé du chef d’entreprise pour l’aider notamment dans ses démarches avec les administrations (Trésor, Urssaf, Unedic…)
- Réduction drastique des dépenses publiques

Loin de se battre pour des privilèges, les patrons demandent seulement qu’on les laisse travailler sans ajouter des contraintes et des charges qui ruinent la rentabilité fragile de leur entreprise. Principaux acteurs du progrès et de l’innovation, ils refusent qu’on leur en demande toujours plus pour répondre aux lubies de syndicats et de politiques en mal de reconnaissance et de symboles en matière sociale ou environnementale. Ainsi, le législateur doit être très circonspect sur le projet de loi sur le dialogue social dans les TPE qui sera examiné prochainement au Sénat : au stress du carnet de commande et de la pression étatique, pourrait s’ajouter celui de syndicats de salariés dont le principal objectif est de trouver de nouvelles sources de financement via le marché relativement vierge des TPE. L’enfer est pavé de bonnes intentions lourdes de conséquences pour les entreprises, ceux qui y travaillent et, au final, ceux qui avaient cru bien faire…

TPE : ASSEZ AVEC LA PRECARITE INSTITUTIONNALISEE !

13 juin, 2005 · Poster un commentaire 

Le Cerf salue la volontA� affirmA�e du Premier Ministre de mettre les TPE au cA�ur de son dispositif de relance et de l’emploi. Nous attirons son attention sur le risque d’ingA�rence, dans la vie des TPE, d’organisations non reprA�sentatives et incompA�tentes pour parler en leur nom : la situation actuelle, en particulier en matiA?re de dA�faillances et d’emploi, est le rA�sultat de mesures prA�conisA�es par des organisations « instituA�es » reprA�sentatives et dont l’ignorance des TPE a conduit A� l’accroissement considA�rable et intolA�rable de la prA�caritA� de celles-ci, de leurs salariA�s et, surtout, de leur patrons et de leur conjoints.

C’est ainsi qu’elles ont vu leur marge se rA�duire ces derniA?res annA�es, qu’elles ont crA�A� moins d’emplois que par le passA� et pour certaines participent A� une dA�croissance en rA�duisant leurs effectifs (seule solution trouvA�e pour rA�duire leur prA�caritA�) ainsi que leur chiffre d’affaires, pour pouvoir mieux « se porter ».

Comment leur reprocher A� ces dirigeants, qui, souvent, se partagent A� peine le SMIC A� deux ?
Comment leur reprocher, A� eux, qui, quand ils perdent leur emploi, perdent A�galement leurs biens personnels et se retrouvent au ban de la sociA�tA� ? Quelle solidaritA� pour ceux-lA�, qui, A� travers leur propre emploi, ont crA�A� celui des autres ?

La sortie de la crise ne pourra se faire que par la croissance dont les TPE sont le principal moteur : sans elles, pas d’emplois. Sans elles, surtout, pas de grandes entreprises qui trouvent dans ces premiA?res autant de fournisseurs et sous-traitants, que de clients contribuant A� la consommation intA�rieure.

Les mesures annoncA�es vont donc dans le bon sens, mais les signes attendus ne sont pas encore lA�.

Il faut saluer le chA?que-emploi entreprise, mais aller plus loin dans ce dispositif qui laisse encore trop de marge d’erreur et conduira A� son A�chec.

La fluidification du recrutement est essentielle, mais reste soumise A� la capacitA�, qui fait aujourd’hui dA�faut, de financer ces nouvelles embauches.

C’est pourquoi il faut revenir sur les 35 heures dans les TPE et mettre en place la rA�forme proposA�e par le Cerf, tant ces entreprises et leurs salariA�s sont pA�nalisA�s par ce dispositif :

1.A�Suppression des charges payA�es par le salariA� de la 35A?me A� la 40A?me heure (+ 25% d’augmentation),
2.A�ExonA�ration du revenu du travail de la 35A?me A� la 40A?me heure, sur des salaires non majorA�s ;
3.A�Versement des charges patronales, dA?s la 35A?me heure, A� une caisse de solidaritA� aux personnes A?gA�es.

Il faut aller au bout de la demande du Cerf en matiA?re de prA�ventions des dA�faillances dans les TPE (48 000 en 2003), afin de mettre un terme au plan social annuel prA�vu de plus de 200 000 emplois salariA�s auxquels il faut ajouter l’emploi des patrons non protA�gA�s et de leurs conjoints. L’accompagnement personnalisA� est une urgence.

Il faut garantir l’efficacitA� des lois Galland et Royer, par leur application stricte, avant de vouloir en changer, et rompre avec l’oligopole de la grande distribution qui fausse la concurrence et les prix, dA�truit l’emploi, le commerce et l’innovation en verrouillant le marchA�, tout en favorisant les dA�localisations.

Il faut rA�parer au plus vite l’injustice consistant A� ne pas lA�gifA�rer rapidement sur l’exonA�ration de la plus-value commerciale, qui reprA�sente, bien souvent, le fruit lA�gitime d’une vie de travail.

Enfin, l’Etat ne doit pas promouvoir la crA�ation d’entreprise en tant que telle, mais faire en sorte que le statut d’entrepreneur soit le plus enviable : car sans entrepreneur, pas d’entreprise et pas de crA�ation d’emploi. A voir les aspirations des jeunes, suite A� l’acharnement syndical, administratif et rA�glementaire,l’entrepreneuriat a perdu ce statut.

Il faut donc que soit inscrit, dans les textes rA�gissant les services publiques, leur rA?le de conseil aux administrA�s que sont les entreprises, avant leur rA?le de contrA?le et de sanction : le Premier Ministre a annoncA� un pas dans le sens de cette proposition du Cerf lors de son discours de politique gA�nA�ral ; Christian Jacob, ancien Ministre des PME, en aura donc la charge de la mise en A�uvre : les espoirs sont aussi grands que le bA�nA�fice commun que nous pourrons, tous, en tirer.

La lutte pour l’emploi et la crA�ation de richesse ne pourra se gagner que par un engagement sans faille dans la lutte contre la prA�caritA� A� laquelle sont soumises les trA?s petites entreprises : sur ce terrain-lA�, les 2 300 000 « petits » patrons qui font vivre 20 millions de citoyens, attendent un engagement fort et clair d’un gouvernement qui ne doit pas s’appuyer sur une reprA�sentation faussA�e et inopA�rante.