Grève dans le RER A : le Cerf réclame toujours la garantie du service
15 décembre, 2009 · Poster un commentaire
Déjà six jours que les conducteurs du RER A ont entamé une grève illimitée. Cette ligne qui dessert notamment le quartier de la Défense est emprunté chaque jour par un million de personnes, en très grande majorité des salariés qui se rendent à leur travail et qui sont aujourd’hui contraints de prendre leur voiture ou de rester chez eux. Le Cerf juge indécent ce pouvoir de nuisance à l’encontre de salariés comme eux, mais souvent moins payés qu’eux : selon le journal Les Echos, les conducteurs de RER touchent de 2200 à 2700 euros brut par mois auxquels il faut ajouter une prime de 600 à 650 euros pour les horaires décalés, les dimanches et jours fériés.
Surtout, le Cerf n’a pas oublié les dégâts considérables sur l’économie induits par les grèves de décembre 1995 : 10 000 entreprises mises en faillite, 40 000 emplois salariés et 12 000 emplois non-salariés détruits. Sans surprise, les commerçants du centre commercial Les Quatre Temps situé à la Défense déplorent une chute de la fréquentation. « Si cela continue, ils vont nous faire très mal », s’inquiète un gérant de bar dans le journal 20 Minutes. En effet, une paralysie des transports, c’est moins de chiffre d’affaires et donc des difficultés à payer les salaires. Ce sont aussi des conditions de travail inacceptables pour les employés : quand un salarié n’est pas à son poste, c’est facilement 30% de travail en plus pour les autres sachant qu’une TPE compte en moyenne trois salariés. Les TPE ne peuvent pas se permettre de fonctionner au ralenti quand elles ont tant besoin de faire rentrer des liquidités.
Le Cerf avait déjà eu l’occasion de critiquer la loi du 21 août 2007 sur la continuité du service public dans les transports qui instaure un service garanti aux heures de pointe le matin et le soir : nettement insuffisant pour un service public vital pour l’économie organisé en monopole, et des usagers qui ne disposent pas de moyen de transport alternatif. Si le droit de grève ne peut être remis en cause, il ne peut s’apparenter à un droit de blocage d’un service public du transport non soumis à la concurrence. Il existe d’autres façons de se faire entendre qui ne pénalisent pas l’économie et les salariés. C’est pourquoi le Cerf réclame toujours la garantie du service à toute heure de la journée.
Les conducteurs du RER B ont annoncé qu’ils vont à leur tour se mettre en grève dès mardi, ce sera alors 800 000 personnes supplémentaires qui se verront alors privées de moyen de transport pour se rendre à leur travail. Les métros et bus pourraient également s’arrêter de circuler jeudi. Si les médias rappellent que chaque jour de grève dans les transports, coûte des millions d’euros à la RATP et à la SNCF, ils oublient de dire que cela coûte davantage encore à des TPE-PME qui ne peuvent compter sur des subventions et le soutien des politiques pour combler le trou dans la caisse.
Grève illimitée à La Poste à Paris : des milliers d’entreprises mises en danger
22 septembre, 2009 · Poster un commentaire
Quatre syndicats de la Poste ont appelé lundi à une grève illimitée dans les 185 bureaux de Paris. La CGT, Sud, la CFTC et FO dénoncent les 140 suppressions de poste au guichet ces neufs derniers mois. Même s’il apparaît que cette grève a été peu suivie le premier jour – 17,3% des effectifs selon la direction – les conséquences pour les entreprises risquent d’être extrêmement lourdes : en effet, toute grève qui touche à la distribution du courrier entraîne le blocage des règlements effectués par voie postale, donc des retards de paiement provoquant une aggravation des découverts et une augmentation des frais bancaires afférents, voire des pénalités de retard.
A l’heure où beaucoup de TPE-PME ont de graves problèmes de trésorerie, cette grève risque de les fragiliser encore plus, et certaines pourraient ainsi être conduites à déposer le bilan comme ce fut déjà le cas lors des blocages de décembre 1995. Les syndicats qui ont appelé à cette grève illimitée se rendraient alors responsables de la disparition d’entreprises et de la mise au chômage de leurs employés, et montreraient une fois encore le décalage entre leurs actions destructrices et leurs discours sur la préservation des emplois et la défense des intérêts des salariés !
Le Cerf demande donc au gouvernement de garantir la continuité du service du monopole postal : la distribution du courrier est un service trop vital à l’économie pour être suspendu. Dans le cas où la continuité du service ne serait pas assurée, le Cerf demande que La Poste soit contrainte de dédommager les entreprises qui seraient pénalisées par cette grève : tous les frais de trésorerie générés par ce mouvement social devront être remboursés sans délai. D’un point de vue pratique, le Cerf propose que les litiges qui résulteraient des demandes de remboursement liées à la grève puissent être réglés par le Médiateur du Crédit, qui verrait ainsi sa mission élargie.


