TPE : ASSEZ AVEC LA PRECARITE INSTITUTIONNALISEE !

13 juin, 2005 · Poster un commentaire 

Le Cerf salue la volontA� affirmA�e du Premier Ministre de mettre les TPE au cA�ur de son dispositif de relance et de l’emploi. Nous attirons son attention sur le risque d’ingA�rence, dans la vie des TPE, d’organisations non reprA�sentatives et incompA�tentes pour parler en leur nom : la situation actuelle, en particulier en matiA?re de dA�faillances et d’emploi, est le rA�sultat de mesures prA�conisA�es par des organisations « instituA�es » reprA�sentatives et dont l’ignorance des TPE a conduit A� l’accroissement considA�rable et intolA�rable de la prA�caritA� de celles-ci, de leurs salariA�s et, surtout, de leur patrons et de leur conjoints.

C’est ainsi qu’elles ont vu leur marge se rA�duire ces derniA?res annA�es, qu’elles ont crA�A� moins d’emplois que par le passA� et pour certaines participent A� une dA�croissance en rA�duisant leurs effectifs (seule solution trouvA�e pour rA�duire leur prA�caritA�) ainsi que leur chiffre d’affaires, pour pouvoir mieux « se porter ».

Comment leur reprocher A� ces dirigeants, qui, souvent, se partagent A� peine le SMIC A� deux ?
Comment leur reprocher, A� eux, qui, quand ils perdent leur emploi, perdent A�galement leurs biens personnels et se retrouvent au ban de la sociA�tA� ? Quelle solidaritA� pour ceux-lA�, qui, A� travers leur propre emploi, ont crA�A� celui des autres ?

La sortie de la crise ne pourra se faire que par la croissance dont les TPE sont le principal moteur : sans elles, pas d’emplois. Sans elles, surtout, pas de grandes entreprises qui trouvent dans ces premiA?res autant de fournisseurs et sous-traitants, que de clients contribuant A� la consommation intA�rieure.

Les mesures annoncA�es vont donc dans le bon sens, mais les signes attendus ne sont pas encore lA�.

Il faut saluer le chA?que-emploi entreprise, mais aller plus loin dans ce dispositif qui laisse encore trop de marge d’erreur et conduira A� son A�chec.

La fluidification du recrutement est essentielle, mais reste soumise A� la capacitA�, qui fait aujourd’hui dA�faut, de financer ces nouvelles embauches.

C’est pourquoi il faut revenir sur les 35 heures dans les TPE et mettre en place la rA�forme proposA�e par le Cerf, tant ces entreprises et leurs salariA�s sont pA�nalisA�s par ce dispositif :

1.A�Suppression des charges payA�es par le salariA� de la 35A?me A� la 40A?me heure (+ 25% d’augmentation),
2.A�ExonA�ration du revenu du travail de la 35A?me A� la 40A?me heure, sur des salaires non majorA�s ;
3.A�Versement des charges patronales, dA?s la 35A?me heure, A� une caisse de solidaritA� aux personnes A?gA�es.

Il faut aller au bout de la demande du Cerf en matiA?re de prA�ventions des dA�faillances dans les TPE (48 000 en 2003), afin de mettre un terme au plan social annuel prA�vu de plus de 200 000 emplois salariA�s auxquels il faut ajouter l’emploi des patrons non protA�gA�s et de leurs conjoints. L’accompagnement personnalisA� est une urgence.

Il faut garantir l’efficacitA� des lois Galland et Royer, par leur application stricte, avant de vouloir en changer, et rompre avec l’oligopole de la grande distribution qui fausse la concurrence et les prix, dA�truit l’emploi, le commerce et l’innovation en verrouillant le marchA�, tout en favorisant les dA�localisations.

Il faut rA�parer au plus vite l’injustice consistant A� ne pas lA�gifA�rer rapidement sur l’exonA�ration de la plus-value commerciale, qui reprA�sente, bien souvent, le fruit lA�gitime d’une vie de travail.

Enfin, l’Etat ne doit pas promouvoir la crA�ation d’entreprise en tant que telle, mais faire en sorte que le statut d’entrepreneur soit le plus enviable : car sans entrepreneur, pas d’entreprise et pas de crA�ation d’emploi. A voir les aspirations des jeunes, suite A� l’acharnement syndical, administratif et rA�glementaire,l’entrepreneuriat a perdu ce statut.

Il faut donc que soit inscrit, dans les textes rA�gissant les services publiques, leur rA?le de conseil aux administrA�s que sont les entreprises, avant leur rA?le de contrA?le et de sanction : le Premier Ministre a annoncA� un pas dans le sens de cette proposition du Cerf lors de son discours de politique gA�nA�ral ; Christian Jacob, ancien Ministre des PME, en aura donc la charge de la mise en A�uvre : les espoirs sont aussi grands que le bA�nA�fice commun que nous pourrons, tous, en tirer.

La lutte pour l’emploi et la crA�ation de richesse ne pourra se gagner que par un engagement sans faille dans la lutte contre la prA�caritA� A� laquelle sont soumises les trA?s petites entreprises : sur ce terrain-lA�, les 2 300 000 « petits » patrons qui font vivre 20 millions de citoyens, attendent un engagement fort et clair d’un gouvernement qui ne doit pas s’appuyer sur une reprA�sentation faussA�e et inopA�rante.