Entreprise : cette « plaie » qui fait pourtant défaut à la France (2)

1 mai, 2012 · 5 commentaires 

La question du coût travail évoquée précédemment en amène une autre, celle de l’entreprise. Un camp souhaite lutter contre les délocalisations par des mesures de compétitivité, l’autre semble vouloir trouver les moyens de les interdire. Mais tout le monde passe à côté de la question essentielle, pourtant en creux du débat sur les prélèvements : plus que des délocalisations, la France souffre depuis des décennies de détruire plus d’entreprises que les autres pays de l’OCDE.

De grands cerveaux de l’économie ont même pu nous tenir des discours fumeux, comme le « libéral » Jacques Delpla, sur la « destruction créatrice » qui justifierait ce que nous reconnaissons à l’évidence comme une calamité. Car la destruction d’entreprise en France n’a rien de créatrice. Elle n’est pas le fruit de l’innovation, ni celui de la concurrence. Elle n’est liée à aucune dynamique économique et s’accompagne de la destruction d’emplois marchands et du capital. Bien sûr, ici et là, quelques pépites isolées permettront d’affirmer le contraire. Mais voici la réalité : depuis plus de quinze ans, la France détruit plus d’entreprises que tous ses voisinsi. Un seul pays de l’OCDE nous dépasse : l’Autriche… Si la destruction d’entreprises que subit la France était créatrice, celle-ci serait en pleine croissance et le monde aurait les yeux rivés sur notre modèle, plutôt que sur notre dette et nos déficits ! Ici, la dynamique de création d’entreprises apparaît comme un mirage : augmenter les créations sans baisser la sinistralité, cela revient à détruire toujours plus de capital. La France s’épuise en se vidant de son sang…

Là est l’origine de l’inquiétude et du ras-le-bol des Français : pas besoin d’une grande culture économique pour constater ce qui se déroule sous nos yeux depuis trop longtemps. Il faut en revanche plus de culture pour ne pas se laisser endormir par des discours pompeux sur des « invisibles », au risque de croire sinon bientôt à des « super héros » en toc, et se réveiller avec la « gueule de bois ».

Où sont les propositions pour réduire le nombre des faillites ? Où sont les discours pour s’indigner de la baisse régulière des revenus des patrons ? On préfère s’offusquer des salaires des salariés dirigeants du CAC 40. Depuis quand sont-ils des patrons ? Pour les autres, les vrais patrons, revenu moyen : 1890 €ii par mois hors période de crise pour près de 70 heures par semaine. Même pas le smic horaire. Un pays dont les patrons gagnent si peu leur vie a du souci à se faire pour son avenir : 2012 voit le rebond des défaillances d’entreprises, à son plus haut niveau pour les deux premiers mois depuis 1993 ! On craint ainsi un des plus hauts niveaux historiques, déjà supérieur à 2010 (63 400 défaillances contre 63 337). Dans ce contexte de marges sinistrées par les hausses des prix des matières premières et de l’énergie, les promesses inconsidérées d’augmentation imposée du SMIC et de la suppression des allègements de charges auront pour effet d’amplifier l’explosion des défaillances d’entreprises et du chômage. La conquête du pouvoir est-elle à ce prix ? Au mépris de ceux qui auront à en souffrir ?

Pas étonnant alors, que ceux qui en ont encore l’énergie s’exilent. Comment le leur reprocher ? Chercher à faire mieux que 1890 € par mois et réduire le risque de perdre ce que l’on a investi pour créer son propre emploi et celui de ses collaborateurs, est-ce de l’ignoble capitalisme, ou le même bon sens que celui à l’ouvre chez l’immense majorité de nos compatriotes qui voudrait bien se protéger de la folie de politiques en quête de pouvoir ?

La France a besoin d’entreprises et d’entrepreneurs. C’est à cela que doivent penser les Français. Et non plus croire les histoires qu’on nous raconte pour décrocher le 6 mai une place bien au chaud qui ne servira et protégera que celui qui l’occupera, quand il nous faudra, nous, dès le 7 mai, retourner travailler dans des entreprises de plus en plus asphyxiées, dans un monde qui saura nous rappeler et exiger de nous ce que nous lui devons.

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i Taux de défaillances d’entreprises (rapport entre le nbre de défaillances/nbre d’entreprises) en 2009 via Euler Hermes
France : 2,2%, Allemagne : 0,9%, Angleterre : 1,7%, Etats-Unis : 1,1%, Autriche : 2,3%
ii Source INSEE

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Lire : Entreprise : cette « plaie » qui fait pourtant défaut (1)

Lutte contre le chA?mage : aidons en prioritAi?? les trA?s petites entreprises

28 juillet, 2011 · Poster un commentaire 

Lire la Tribune d’HervAi?? Lambel sur le site atlantico.fr Buy cannabis seeds toronto Buy skunk seeds with paypal How to order zanaflex

2008 : Il y a urgence…

22 février, 2008 · Poster un commentaire 

Ce 22 février, à Bercy, Hervé Lambel, porte-parole du Cerf, présentait en présence d’Hervé Novelli, secrétaire d’Etat en charge des entreprises et du commerce extérieur et Frédéric Lefèvbre, député, les propositions issues des travaux du groupe de travail de la Fondation Concorde sur le développement du commerce international auquel il a participé. Il profite de l’occasion pour lancer un cri d’alerte sur la situation économique du pays et des entreprises suite à la crise des subprimes intervenue à l’été 2007.

Extrait de son allocution :

« Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs,

Il me revient l’honneur de présenter et vous proposer un ensemble de propositions qui sont le fruit du travail de femmes et d’hommes qui ne sont pas à mes côtés, anonymes, qu’ils soient remerciés. Surtout, elles concernent la vie de femmes et d’hommes qui voudraient vous crier leur urgence. Car il y a urgence Monsieur le Ministre. Mais vous le savez.

Vous avez, avec le Gouvernement engagé un certain nombre de réformes et les signes, les premiers commencent à arriver, en à peine 8 mois. Mais il y a urgence. Urgence à poursuivre, à aller au bout, à découvrir de nouvelles terres.

Je vous donnerai donc juste trois chiffres pour introduire cette première série de propositions :

Vous allez devoir faire face à une année 2008 qui enregistrera plus de 50 000 défaillances d’entreprises, c’est un plan social de 200 000 emplois salariés auxquels il faut ajouter près de 70 000 emplois non salariés.

Il y a urgence, car la France est n°1 de l’OCDE en nombre de défaillances, qui sont repartie à la hausse, en même temps que le chômage, lors de la funeste mise en place des 35 heures. Mais il y a urgence, car les défaillances explosent en ce début d’année, parmi les causes : hausse du prix de l’énergie et des matières premières, resserrement du crédit… qui font que les trésoreries s’effondrent.

Il y urgence, car les revenus des patrons sont le signe d’une économie malade : leur revenu est totalement indécent, mais la loupe portée sur les salaires de 40 dirigeants masquent une réalité qu’on ne doit plus cacher car la vérité est là : le revenu des patrons s’élève en fait à moins de 25 000 euros par an, chiffre de l’INSEE, soit 6,14 euros de l’heure. Moins que le smic ! Un pays où les patrons gagnent si peu leur vie doit se faire du souci pour son avenir.

Il y a donc urgence et c’est pourquoi les décisions que vous serez amené à prendre devront  toutes, sans exception, être prise en fonction de leur impact sur la trésorerie des Très Petites Entreprises, car c’est du pouvoir d’achat des TPE que dépendent leur développement et la création d’emploi, en un mot la croissance. »