35 HEURES : STATISTIQUES ET REALITE

juil 4th, 2005 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

L’Insee, qui avait annoncé en 2004 que le pouvoir d’achat des ménages n’avait pas baissé, a annoncé que les 35 heures n’ont pas eu d’incidence négative sur l’emploi et les entreprises…
 
Au-delà de l’effet d’annonce utilisé par un certain nombre, les créateurs d’emplois et de richesse de France (Cerf) rappellent que cette étude comporte une première limite : la période de référence (1997-2000) correspond à la période de mise en place de la nouvelle législation.
 
Au cours de cette période, les entreprises passées rapidement aux 35 heures, sont celles qui y avaient le plus intérêt, c’est-à-dire qui pouvaient en tirer un bénéfice en matière de productivité par tête ou une augmentation de la productivité du capital.
 
Il semble difficile de pouvoir mesurer pour 2000 l’incidence du passage à 35 heures au cours de cette même année, année de mise en place par les entreprises obligées de le faire, sans qu’elles y trouvent un intérêt : les effets seront donc mesurés les années suivantes.
 
Enfin et surtout, les entreprises étudiées sont les entreprises de plus de 50 salariés pour les premières études, de plus de vingt salariés pour l’actualisation… la base informationnelle prise en compte pour étudier l’impact de la loi semble des moins pertinentes et pousse à se poser la question de l’intérêt d’une étude qui occulte plus de 92% des entreprises.
 
Sachant qu’historiquement, la création d’emploi est la plus forte dans les entreprises de moins de vingt salariés (les plus nombreuses et employant le plus de salariés en France), la majorité de celles passées aux 35 heures l’ayant fait en 2000, on voit la double limite, fondamentale, d’une telle étude, qui empêche de tirer toute conclusion sur l’incidence du passage aux 35 heures dans les entreprises.
 
Par contre, il convient de rappeler que dès 2001, les défaillances d’entreprise repartaient à la hausse, après une baisse ininterrompue depuis 1996, enregistrant leur plus forte progression en 2003, depuis 1992.
 
2005 verra le nombre des défaillances continuer de croître et approchera les 50 000 cas, détruisant plus de 200 000 emplois salariés, auxquels il convient d’ajouter les emplois non salariés des patrons et de leur conjoint, soit près de 75 000 emplois.
 
Sur l’emploi, il faut noter que la création nette d’emploi dans les très petites entreprises a fortement ralenti depuis le 1er trimestre 2001, et, fait historique, a enregistré un recul au 3ème trimestre 2003, détruisant 20 000 emplois.
 
C’est pourquoi les Créateurs d’emplois et de richesse de France demandent que les 35 heures fassent l’objet d’une réforme adaptée aux besoins des Très Petites Entreprises et que la lutte contre les défaillances demeurent une priorité du gouvernement : il en va du succès de la politique gouvernementale de lutte pour l’emploi.

Commenter cet article...
Pour afficher un avatar avec votre commentaire, inscrivez vous sur gravatar!