Financement des entreprises : des milliards d’euros pour rien ? Et une leçon de micro-économie !

oct 16th, 2008 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Si le Cerf a été partiellement entendu sur la nécessité d’agir en direction de la trésorerie des entreprises, plutôt que sur le seul crédit, afin d’agir sur l’activité et sauver des milliers d’entreprises et d’emplois, les Créateurs rappellent qu’ils ont toujours favorisé des solutions simples et rapides à mettre en œuvre, avec des effets de levier importants, garantissant l’usage optimum de la ressource mobilisée et sa vitesse de circulation.

Par exemple, le report et l’échelonnement des charges sociales, garanties par les fonds mobilisés par l’Etat, permettraient une action immédiate sur la trésorerie des entreprises qui auraient jugé utile d’y avoir recours : pas de dossier à monter, pas de délais, pas de contact à prendre avec un organisme inconnu de la majorité de patrons, donc une simplicité et une rapidité véritable de mise en œuvre, une visibilité claire… et le tout avec une utilisation maximale de la ressource ainsi mise à disposition.

L’activité était ainsi au cœur du dispositif. Encore eut-il fallut connaître la réalité et la gravité de la situation des entreprises et de la crise pour promouvoir et faire adopter une telle solution.

A contrario, l’exemple des solutions impliquant Oséo nous semble terrifiant : si sur le principe l’annonce faite est positive, débloquer 5 milliards d’euros pour le financement des entreprises et transformer le découvert bancaire en crédit au prix du marché, conformément à la demande du Cerf depuis de nombreux mois, comment des représentants patronaux et les dirigeants de cette institution ont-ils pu prétendre en être les acteurs ? La simple question de savoir si Oséo est en mesure de traiter les dizaines de milliers de demandes qui s’apprêtent à lui arriver suffit à poser le problème ! Car c’est bien dans ces ordres de grandeur que les besoins en financement de trésorerie sont évalués.

De plus, la mobilisation de ces 5 milliards d’euros via Oseo, sera accompagnée d’une commission de 0,8% par ce seul établissement, en plus de la commission bancaire : soit 40 millions de moins pour les entreprises au bord de l’asphyxie et qui meurent de ne pas voir leur situation prise sérieusement en compte. Quel sera en plus le délai de traitement de ces milliers de dossiers ? Où sont l’immédiateté et la simplicité qu’exige l’urgence de la situation ? Où est la clairvoyance de ceux qui ont promu une telle solution auprès du pouvoir politique ? Quel intérêt a pu guider leur démarche, quand, à coup sûr, ce n’est pas celui des entreprises qui a primé ? Quelle responsabilité porteront-ils, encore une fois, face aux milliers d’entreprises et d’emplois qui n’auront pas bénéficié d’une disposition plus simple et plus efficace ? Et face à un pouvoir politique au chevet de l’économie, qui se sera fourvoyé sur leurs « bons » conseils ? Et nous n’épiloguerons pas ici sur le numéro de téléphone mis en place, qui renvoie… à un autre numéro de téléphone.

Enfin, ceux qui proposent l’exonération de TVA à l’import, pourraient tout aussi bien demander de subventionner directement les importations : on voit là encore, la limite de leur raisonnement économique. En la matière, et bien plus efficace, l’Etat doit considérer sérieusement la suppression de la TVA interentreprises qui augmente artificiellement les besoins de liquidités des entreprises et renchérit aussi bien l’approvisionnement que l’investissement, dégradant de fait la situation financière et la compétitivité des entreprises, donc le pouvoir d’achat des Français. Cette mesure contribuerait à accélérer la circulation des liquidités dans les entreprises, stimulant alors l’activité nécessaire à la création de richesse.

Tout cela soulève une question : Quand les « représentatifs » arrêteront-ils de jouer contre leur camp ?

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