Le Président doit reprendre en main le secteur bancaire

jan 15th, 2009 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

Le médiateur du crédit a annoncé avoir sauvé 901 entreprises deux mois après sa création. « Le succès de la médiation signifie quelque part l’échec de l’appréciation des risques par les banques » a commenté Christine Lagarde. Cette déclaration donne ainsi, une fois de plus, raison au Cerf qui dénonce, seul, depuis des mois l’attitude des banques qui s’enferment dans leur abus de position dominante et pratiquent « le refus de vente ». Le travail du médiateur contredit les assertions sur le sujet, aussi lénifiantes et systématiques que fausses des PDG des banques.

Depuis sa création en 2003, les Créateurs n’ont eu de cesse de dénoncer ces pratiques à l’égard d’entreprises maintenues en état de dépendance pour le financement de leur trésorerie (1). Le phénomène est accentué aujourd’hui par la crise qui voit des banques chercher à compenser les pertes subies sur les marchés financiers sur le dos des entreprises grâce à l’argent de l’Etat. Le gouvernement doit donc agir sans attendre pour rééquilibrer les rapports de force et user de tous les moyens légaux et réglementaires pour forcer les banques à réinjecter des liquidités dans l’économie et à accompagner les entreprises dans leur développement.

Le Cerf plaide donc toujours pour que le gouvernement prenne les mesures d’urgence suivantes :
- rétablissement des autorisations de découvert ;
- baisse du prix du découvert ;
- suppression des dates de valeur ;
- encadrement des frais bancaires ;
- renégociation des crédits en cours pour baisser les mensualités ;
- report et échelonnement au prix du crédit des cotisations Urssaf, Unedic, de la TVA interentreprises, de la taxe professionnelle ;
-  incitations fiscales à investir dans les entreprises (levée des plafonds ISF et IR) ;
- création des actions de groupe pour engager des poursuites contre des établissements bancaires par les TPE
Enfin, il faut arrêter d’écouter les Medef et autres CGPME qui nous expliquent qu’il n’y a pas de problème avec les banques et qui se sont réveillés à l’automne, quand la crise rongeait l’économie depuis de nombreux mois : il faut écouter les patrons de TPE.

Malgré la reprise d’un certain nombre de ses propositions (2), le Cerf n’est toujours pas entendu sur l’urgence de la situation. Trop d’entreprises ont disparu faute d’avoir pu faire appel à temps au médiateur du crédit et combien de patrons renoncent encore aujourd’hui à faire les démarches trop occupés à tenter de sauver leur entreprise. Des milliers d’emplois sont aujourd’hui suspendus à une réponse de banquiers qui ignorent tout des TPE. Ce sont pourtant plus de 20 millions de Français qui voient ainsi leur revenu tiré des TPE mis en danger et avec lui, l’activité. Le Chef de l’Etat doit de toute urgence garder la main et remettre les banques à leur place s’il veut que son plan de relance ait une chance de réussir.

(1) Communiqué du 31 octobre 2007 – Financement des TPE par les banques : Où est le scandale ?
http://www.lescreateurs.org/071031-baisse-des-frais-bancaires.pdf
(2) Les préconisations du Cerf reprises dans le plan de relance
http://www.lescreateurs.org/propositions-et-contributions-du-cerf-au-plan-de-relance.pdf

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