Des élections pour faire bouger les banques !

nov 20th, 2010 | By CERF National | Category: 1 - CERF National, Communiqués

« 35% des chefs d’entreprises ne sont pas satisfaits de leur relation avec les banques » ce qui pose un problème majeur notamment sur la question du financement des entreprises. Que tant d’entreprises soulèvent l’insuffisance quotidienne d’un de leurs principaux partenaires explique en grande partie la fragilité du tissu économiqe et, au final, de la croissance française. Car en la matière, ce sont 35% d’entreprises en danger, indépendemment d’un problème de débouché pour leurs produits : l’intervention du Médiateur du Crédit pour débloquer les financements de plus de 15 000 entreprises est révélateur d’un système bancaire, qui non seulement ne remplit pas son rôle, mais, de surcroit, jouant de son impunité et de sa position dominante, pratique le refus de vente à grande échelle.

 Première organisation patronale à avoir alerté les pouvoirs publics sur la situation de crise et l’attitude des banques au début de l’année 2008, le Cerf s’est retrouvé seul à dénoncer les frais bancaires abusifs et le manquement des banques en matière de financement tout au long de 2009 et 2010. Pire, refusant de regarder la réalité en face, les représentants du medef parlaient d’un problème de « ressenti psychologique » de la part des entreprises, quand les représentants de la CGPME, cherchant à limiter la responsabilté des banques, mettaient en avant « des chefs d’entreprises qui ne montaient pas bien leurs dossiers » avant d’annoncer, dès juin 2009 que « les pme n’ont plus de problèmes de financement » !

 Dès lors, comment espérer être représentés et défendus par des organisations si loin de la réalité et si méprisantes envers les entreprises et leurs dirigeants, si arrangeantes avec ceux qui nous mettent à terrequand ce n’est pas elles qui se chargent de le faire ? Comment espérer voir les politiques prendre les bonnes décisions ?

 Il a fallu l’intervention du Président de la République, relayé par le Médiateur du Crédit, pour que les organisations patronales et les Chambres de Commerce se préocuppent enfin des entreprises en difficulté, une demande du Cerf depuis 2004 ! Contraintes et forcées, ces organisations ont par contre adoré le titre de « Tiers de confiance » qu’elles ont pu afficher partout, alors que la crise et le retrait des banques anéantissaient les entreprises par milliers.

 Contacté régulièrement par des patrons asphyxiés luttant pour la survie de leur entreprise, le Cerf milite quant à lui pour la suppression des frais bancaires abusifs et l’instauration d’un droit au crédit opposable, fondé sur des critères objectifs comme la capacité de remboursement réelle du client. Renforcé par l’obligation des banques de motiver par écrit tout refus de crédit, le client aurait enfin la possibilité de contester cette décision devant le Médiateur du crédit, chargé de rechercher une solution avec la banque. Tout dossier ayant reçu un avis favorable de la Médiation mais aboutissant à un refus de la banque serait transmis automatiquement à la DGCCRF, qui pourrait être amenée à sanctionner la banque pour refus de vente. Le droit au crédit opposable permettrait ainsi de rééquilibrer la relation entre les clients et leur banque, et en particulier de mieux répondre aux besoins des entreprises qui sont les vrais acteurs de l’économie réelle.

 Grâce à son action, le Cerf a déjà obtenu un début d’affaiblissement du monopole bancaire grâce à la décision de l’Etat d’ouvrir la Banque Postale et la CDC au financement des petites et moyennes entreprises, qui sera effectif dès janvier prochain. Le Cerf continue de militer pour que la Banque Postale fasse un effort particulier pour les financements court terme. Elle pourrait également se positionner favorablement pour faire évoluer les frais bancaires et les dates de valeurs sur les chèques, qui ponctionnent la trésorerie des entreprises et le pouvoir d’achat des TPE. Les autres banques seraient alors contraintes de s’adapter à cette nouvelle concurrence. Le paysage bancaire s’en trouverait ainsi profondément et durablement modifié par les lois du marché.

 Pour aboutir dans leurs démarches, les chefs d’entreprises regroupés au sein du Cerf ont besoin d’agir à partir des institutions qui ont été créées à cet effet, mais qui ont été désertées depuis trop longtemps, au point que plus personne ne sait à quoi elles servent.

 Pour que la CCI soit le levier qui fera changer les banques,

dès le 25 novembre, votez pour les candidats du Cerf.

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