Le grand incendie : 317 000 emplois menacés par la seule flambée des défaillances d’entreprises

13 juillet, 2012 · Poster un commentaire 

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Défaillances et emplois : le plan social 2012 s’élève à 317 000 suppressions d’emplois

Lire la tribune d’Hervé Lambel sur le site atlantico.fr

Le grand incendie : 317 000 emplois menacés par la seule flambée des défaillances d’entreprises

13 juillet, 2012 · Poster un commentaire 

Douche froide sur l’économie française : les chiffres des défaillances d’entreprises grimpent en flêche. Et si les 8 000 emplois supprimés par PSA Peugeot Citröen n’étaient qu’un début ?

A l’image d’une météo déplorable en ce début d’été et qui ne sera pas sans incidence sur l’activité, la douche froide continue sur l’économie française. Ceux qui se voulaient rassurants depuis un an et demi au motif que les chiffres des défaillances semblaient montrer des signes de repli se sont trompés, notamment par manque d’analyse plus fine des données relatives aux entreprises en difficultés. Elles justifiaient pourtant les alertes du Cerf à la même époque sur l’augmentation du chômage qui devait suivre. Et elle suivit. En toute logique.

Las, la tendance de progression des défaillances se poursuit pour certains secteurs au 2ème trimestre : le transport (+5,0%) et l’hébergement-restauration (+3,1%) selon le Cabinet Altares. D’autres, qui semblaient stabilisés, vivent une véritable déflagration : la promotion immobilière (+55,8%), les agences immobilières (+20,9%) ou encore le conseil en systèmes et logiciels informatiques (+20,9%). De son côté, Euler Hermes prévoit une hausse de 3,5% des défaillances d’entreprises dans le BTP en France en 2012 en raison de la baisse du pouvoir d’achat des ménages et de la disparition d’aides publiques au secteur du bâtiment. L’assureur crédit estime ainsi qu’environ 15.000 petites entreprises du secteur pourraient se retrouver cette année en redressement ou en liquidation judiciaire, soit près du quart des 63.500 défaillances d’entreprises attendues en France.

Toujours selon Euler Hermes, ce chiffre global représente une hausse de +4% tous secteurs confondus pour ces mêmes raisons et du fait de la dégradation des indicateurs de croissance et de la faiblesse du commerce extérieur. De ce point de vue, l’entrée en récession de la zone Euro aura nécessairement des répercussions sur les entreprises de l’Hexagone qui se traduira par des effets ricochets se combinant avec des effets dominos entre pays et secteurs d’activité, mais aussi par taille. Les défaillances des TPE ont impacté les plus grandes qui les impactent en retour du fait de la dégradation de leur propre situation.

Selon la Banque de France, « pour la première fois depuis août 2010, les défaillances ne diminuent pas sur un an, pour les microentreprises (+ 0,1 % après 0,2 % fin mars 2012) et surtout pour les PME de plus grande taille (+ 0,7 % après 1,2 %). Les défaillances continuent de croître pour les ETI et grandes entreprises (9 unités légales supplémentaires sur un an)« .

Le trompe l’oeil de l’amélioration de la situation au 2ème trimestre vient du fort recul des défaillances des micro-entreprises sans salarié (-19%), Altarès y voyant des entreprises « qui semblent s’être habituées aux effets de la crise et se sont remises en ordre de marche« , alors qu’il faut en fait y voir la gravité de l’impact précédemment subit par les entreprises de cette taille et l’écumage radical des unités les plus fragiles et exposées aux spécificités de la première phase de la crise.

Nous entrons depuis plusieurs mois dans une nouvelle phase où les problèmes de trésorerie viennent se conjuguer avec la faiblesse des carnets de commande, contribuant à assombrir les perspectives pour les entreprises qui avaient pu résister jusque-là. Pour nombre de petites entreprises, l’augmentation des défaillances des grandes PME, qui sont autant de clients et donneurs d’ordre, sonnent le glas quand elles sont trop dépendantes de ces locomotives. Celles qui ont de la trésorerie, des fonds propres ou encore des carnets commandes remplis s’en sortiront. Les autres…

Le nombre des emplois concernés pour le seul 2ème trimestre reste très élevé : 72.500 salariés devraient voir disparaître leur poste. « C’est une hausse de 25,6% sur un an et le niveau le plus élevé enregistré en cinq ans« , souligne Altares. Si l’on retient le nombre de 63 500 défaillances, c’est un plan social de plus de 317 000 pour l’année 2012 auquel il faut s’attendre, soit 170 000 de plus qu’avant la crise.

C’est là malheureusement que l’on mesure l’échec d’une Grande Conférence Sociale qui a réuni des acteurs venus parler de nombreux sujets, mais qui n’ont jamais fait de la lutte contre les défaillances la priorité absolue de leur action. Et si c’était le commencement ?

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Conférence sociale : sans petits patrons ni salariés, l’échec est certain !

11 juillet, 2012 · Poster un commentaire 

La très attendue Conférence sociale a débuté lundi, avec évidemment la présence des partenaires sociaux. Mais leur légitimité n’est-elle pas remise en cause par leur peu de représentativité au sein des entreprises, ainsi que leur responsabilité dans la situation actuelle de l’entrepreneuriat français ?

Elle avait été promise. La voilà donc ! La Conférence sociale qui débutait ce lundi sera, parait-il, riche de promesses qui seront les fruits des discussions entre les partenaires sociaux. Oui, parce que comme d’habitude, ce sont les partenaires sociaux, ceux-là même qui discutent depuis des lustres et sont content d’être payés pour, qui sont chargés de se mettre d’accord pour redresser l’économie, sauver les emplois, assurer une rémunération juste… autant de sujets majeurs qui seront traités autour de tables rondes qui reproduisent un entre soi habituel, celui-là même qui en quelques décennies a mis la France économique dans la situation déplorable dans laquelle elle se trouve. Il n’en ressortira rien. Rien au sens de ce qui relèverait de l’intérêt de leur mandants pour le moins, de l’intérêt général si l’on se prenait à rêver d’altruisme de la part de ces parfaits égoïstes.

La charge est lourde ? Voilà une fois de plus mises en avant des organisations qui représentent à peine 8% des patrons et des salariés. Leur désaveu est tel, que les taux de participation aux élections ne cessent de baisser, faisant s’effondrer avec eux toute légitimité démocratique à parler au nom de tous. Les patrons le disent eux-mêmes : ils sont plus de 60% à considérer que « leurs organisations ne les représentent pas ». Quel mandat ces organisations ont-elles reçu des Français pour parler en leur nom et engager leur devenir ?

Dénuées d’assises démocratiques, les syndicats ne peuvent même pas prétendre y substituer leur bilan économique et social : il faudrait, pour commencer, rendre des comptes sur les questions légitimement posées par le rapport Perruchot sur leurs propres modes de fonctionnement et leur financement. Poser la question de la moralisation de la vie publique. Ce dernier thème devrait même interdire aux organisations mises en cause de seulement s’asseoir autour de la table. Il faudrait, ensuite, dresser le bilan des alertes manquées, comme pour la crise de 2008 qu’aucune de ces organisations n’a vue venir, et que toutes annonçaient, il y a encore peu, comme étant derrière nous. Du côté des patrons, comme des salariés. Dresser la liste des entreprises et des emplois perdus : Seafrance, les ports, le livre et tant d’autres… Et qu’on ne vienne pas nous dire que c’est la faute des politiciens ou du reste du monde !

Alors la promesse d’une Conférence sociale sera tenue. Mais pour quel résultat ? Si l’on est convaincu de la réalité de la gravité de la situation, il n’y a d’autre alternative que de (re)mettre tout le pays en mouvement. De créer les conditions d’une mobilisation nationale volontaire, avant qu’elle ne nous soit imposée. Et pour cela, il n’y a pas d’alternative : la Conférence sociale, pour espérer réussir, aurait dû être ouverte aux patrons et aux salariés, à leurs nouveaux représentants. Même si, pour quelque temps encore, il appartient aux partenaires sociaux de finaliser et signer les accords qui doivent permettre à la France de faire face à son destin.

Car les questions les plus importantes, encore une fois, ne sont portées par aucun des membres de cette oligarchie agonisante : qui parle de l’impérieuse nécessité de faire de la lutte contre les défaillances d’entreprises la priorité absolue en matière d’action économique ? Car plus que pour des questions de compétitivité, les entreprises et les emplois disparaissent pour des raisons structurelles qui ne seront donc pas mises sur la table. L’absence de diagnostic pertinent est la garantie que les bonnes solutions ne seront pas mises en oeuvre. Adieu douce utopie du redressement productif.

Aucune de ces organisations ne pose, dans une perspective d’une rémunération plus juste, la question du revenu des patrons. Si l’on peut comprendre qu’elle intéresse peu les syndicats de salariés dans leur organisation actuelle, on ne peut qu’être surpris du peu de cas que les représentants des patrons en font : ils sont à peu près aussi éclairés sur la question qu’un Jean-Luc Mélenchon qui tire ses informations éculées d’une organisation patronale déconnectée ! Pourtant, ce niveau de rémunération détermine avec certitude les marges de manoeuvre dont disposent les entreprises pour supporter des augmentations de salaires que certains voudraient imposer de façon autoritaire. Et quand on acceptera de regarder les chiffres et de constater qu’un patron gagne moins de 2000 € par mois, en rémunération de son travail et du capital investi, alors on comprendra pourquoi il reste peu à « gratter » et pourquoi la question de la lutte contre les faillites doit être la priorité. Et que d’elle, tout découlerait. Toutes les autres avancées bien sûr seront bonnes à prendre. Et obtenir une baisse du coût du travail, par exemple, que nous appelons de nos voeux, peut faire partie des bonnes nouvelles. Mais sans s’attaquer aux autres problèmes, cela reviendra à offrir un sursis au mourant !

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